Code Civil

Article 366 : Explication et Exemple

Comprendre le droit simplement.

Texte Officiel
En vigueur
"Dans la succession de l'adopté, à défaut de descendants et de conjoint survivant, les biens donnés par l'adoptant ou recueillis dans sa succession retournent à l'adoptant ou à ses descendants, s'ils existent encore en nature lors du décès de l'adopté, à charge de contribuer aux dettes et sous réserve des droits acquis par les tiers. Les biens que l'adopté avait reçus à titre gratuit de ses parents retournent pareillement à ces derniers ou à leurs descendants. Le surplus des biens de l'adopté se divise par moitié entre sa famille d'origine et sa famille d'adoption."

L'Explication Prémisse

En termes simples

Cet article dispose qu'à défaut d'enfants et de conjoint survivant, certains biens d'un adopté ne vont pas automatiquement à ses héritiers proches : les biens que l'adoptant lui a donnés (ou qu'il a reçus en héritage de l'adoptant) doivent revenir à l'adoptant ou à ses descendants, à condition que ces biens existent encore au moment du décès de l'adopté. De même, les biens que l'adopté avait reçus gratuitement de ses parents biologiques retournent à ces parents ou à leurs descendants. Les personnes qui récupèrent ces biens doivent cependant contribuer aux dettes de la succession et respecter les droits déjà acquis par des tiers (créanciers, hypothèques…). Enfin, tout ce qui reste (le surplus) est partagé à parts égales entre la famille d'origine et la famille d'adoption.

Exemple Concret

Imaginons Paul, adopté, qui meurt sans enfants ni conjoint. Il possède : une maison que son parent adoptif lui avait donnée (valeur 200 000 €), 20 000 € reçus en cadeau de ses parents biologiques, et autres biens pour 60 000 € (économies, meubles). La maison revient à la famille d'adoption (l'adoptant ou ses descendants) si elle existe encore; les 20 000 € retournent à la famille biologique. Après paiement des dettes et des droits éventuels de tiers, le reste des biens (ici les 60 000 € restants après dettes) est partagé par moitié entre la famille d'origine et la famille d'adoption.

Points Clés à Retenir
  • S’applique uniquement si l’adopté n’a ni descendants ni conjoint survivant (condition d’ouverture).
  • Les biens donnés par l’adoptant ou recueillis dans la succession de l’adoptant retournent à l’adoptant ou à ses descendants, mais seulement s’ils existent encore en nature au décès de l’adopté.
  • Les biens reçus gratuitement des parents biologiques retournent de la même manière à la famille d’origine.
  • Les personnes qui récupèrent ces biens doivent contribuer aux dettes de la succession (participation aux charges).
  • Les droits des tiers (créanciers, garanties, acquéreurs de bonne foi) sont préservés — on ne peut pas méconnaître des droits déjà constitués.
  • Le surplus de la succession, après restitution des biens concernés et règlement des dettes, est partagé moitié/moitié entre la famille d’origine et la famille d’adoption.
  • Distinction importante entre restitution en nature (le bien lui‑même) et indemnisation : l’article prévoit la restitution en nature si le bien existe encore; l’absence du bien peut nécessiter des adaptations pratiques (ex. compensation financière) selon d’autres règles ou décisions judiciaires.
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