Code Civil

Article 900-1 : Explication et Exemple

Comprendre le droit simplement.

Texte Officiel
En vigueur
"Les clauses d'inaliénabilité affectant un bien donné ou légué ne sont valables que si elles sont temporaires et justifiées par un intérêt sérieux et légitime. Même dans ce cas, le donataire ou le légataire peut être judiciairement autorisé à disposer du bien si l'intérêt qui avait justifié la clause a disparu ou s'il advient qu'un intérêt plus important l'exige. Les dispositions du présent article ne préjudicient pas aux libéralités consenties à des personnes morales ou mêmes à des personnes physiques à charge de constituer des personnes morales."

L'Explication Prémisse

En termes simples

Cet article dit que lorsqu'on donne ou lègue un bien en imposant une clause d'inaliénabilité (interdiction de vendre ou de transmettre), cette clause n'est valable que si elle est temporaire et si elle répond à un intérêt sérieux et légitime. Si cet intérêt disparaît ou si un intérêt plus important s'impose, le bénéficiaire (donataire ou légataire) peut demander au juge l'autorisation de disposer du bien malgré la clause. Enfin, ces règles ne portent pas atteinte aux libéralités faites à des personnes morales (ex. associations, fondations) ni à celles faites à des personnes physiques chargées de constituer une personne morale.

Exemple Concret

Exemple concret : votre grand‑mère vous lègue sa maison en précisant « non cessible pendant 15 ans » pour éviter la spéculation et préserver l’usage familial. Cette clause est temporaire (15 ans) et vise un intérêt légitime (préserver l’affectation familiale), donc elle est valable. Si, au bout de 7 ans, vous êtes dans une situation financière grave et que vendre la maison devient nécessaire pour sauvegarder votre famille, vous pouvez demander au juge l’autorisation de la vendre si le juge estime que votre intérêt (plus important) l’exige.

Points Clés à Retenir
  • Clause d’inaliénabilité = interdiction de vendre/transmettre un bien donné ou légué.
  • Validité conditionnée : la clause doit être temporaire et justifiée par un intérêt sérieux et légitime.
  • Intervention judiciaire possible : le donataire/légataire peut demander au juge la levée ou l’autorisation de déroger à la clause si l’intérêt initial a disparu ou si un intérêt supérieur l’exige.
  • But protecteur de l’usage raisonnable : l’article interdit les clauses perpétuelles ou non justifiées qui enferment indéfiniment un bien.
  • Exceptions/limites : ces règles n’empêchent pas certaines libéralités faites à des personnes morales ou à des personnes chargées de créer une personne morale, qui obéissent à des régimes particuliers.
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