Code du Travail

Article L1155-2 : Explication et Exemple

Comprendre le droit du travail simplement.

Texte Officiel
"Sont punis d'un an d'emprisonnement et d'une amende de 3 750 € les faits de discriminations commis à la suite d'un harcèlement moral ou sexuel définis aux articles L. 1152-2 , L. 1153-2 et L. 1153-3 du présent code. La juridiction peut également ordonner, à titre de peine complémentaire, l'affichage du jugement aux frais de la personne condamnée dans les conditions prévues à l' article 131-35 du code pénal et son insertion, intégrale ou par extraits, dans les journaux qu'elle désigne. Ces frais ne peuvent excéder le montant maximum de l'amende encourue."

L'Explication Prémisse

En termes simples

Cet article prévoit une sanction pénale spécifique quand des faits de discrimination surviennent « à la suite » d’un harcèlement moral ou sexuel. Concrètement, si une personne a d’abord été harcelée (selon les définitions légales) puis subit ensuite une mesure discriminatoire liée à ce harcèlement (par exemple mise à l’écart, refus d’embauche, licenciement, rétrogradation motivés par le harcèlement), l’auteur encourt jusqu’à un an de prison et 3 750 € d’amende. Le tribunal peut aussi obliger, en complément, l’affichage/publication du jugement aux frais du condamné, dans les limites fixées par la loi.

Exemple Concret

Exemple en entreprise : Sophie signale des propos et comportements à connotation sexuelle répétés de la part d’un chef d’équipe (harcèlement sexuel). Après ses plaintes, elle est soumise à des conditions de travail dégradées et finalement transférée sur un poste moins valorisant sans justification objective. Si on établit que le transfert est une mesure discriminatoire prise « à la suite » du harcèlement, le chef d’équipe (et/ou l’entreprise si elle est impliquée) peut être poursuivi pénalement sur le fondement de L.1155-2, en plus des actions disciplinaires et civiles possibles.

Points Clés à Retenir
  • Condamnation pénale ciblée : jusqu’à 1 an d’emprisonnement et 3 750 € d’amende.
  • Condition requise : il faut que la discrimination intervienne à la suite d’un harcèlement moral ou sexuel (référence aux définitions des art. L.1152-2, L.1153-2 et L.1153-3).
  • Lien de causalité : il faut démontrer que la mesure discriminatoire est la conséquence du harcèlement (motivation ou temporalité).
  • Auteurs concernés : peuvent être l’auteur du harcèlement, un supérieur, l’employeur ou toute personne ayant pris la mesure discriminatoire.
  • Peines complémentaires possibles : affichage et insertion du jugement ordonnés par la juridiction aux frais du condamné, dans les conditions de l’art. 131-35 du code pénal ; ces frais ne peuvent dépasser le montant maximal de l’amende.
  • Cumuls : ces sanctions pénales s’ajoutent aux sanctions disciplinaires, actions civiles (dommages‑intérêts) et aux voies de recours devant les juridictions du travail ou pénales.
  • Preuve : la victime doit rassembler éléments sur le harcèlement (témoignages, courriels, PV) et sur la discrimination (décision de licenciement, notation, mutation, traitement différencié) pour établir le lien de causalité.
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