Code du Travail

Article L1221-3 : Explication et Exemple

Comprendre le droit du travail simplement.

Texte Officiel
"Le contrat de travail établi par écrit est rédigé en français. Lorsque l'emploi qui fait l'objet du contrat ne peut être désigné que par un terme étranger sans correspondant en français, le contrat de travail comporte une explication en français du terme étranger. Lorsque le salarié est étranger et le contrat constaté par écrit, une traduction du contrat est rédigée, à la demande du salarié, dans la langue de ce dernier. Les deux textes font également foi en justice. En cas de discordance entre les deux textes, seul le texte rédigé dans la langue du salarié étranger peut être invoqué contre ce dernier. L'employeur ne peut se prévaloir à l'encontre du salarié auquel elles feraient grief des clauses d'un contrat de travail conclu en méconnaissance du présent article."

L'Explication Prémisse

En termes simples

Le contrat de travail doit être rédigé en français. Si le poste ne peut être nommé que par un mot étranger sans équivalent français, ce mot doit être expliqué en français dans le contrat. Si le salarié est étranger, il peut demander une traduction du contrat dans sa langue : cette traduction est rédigée et, avec la version française, fait foi en justice. En cas de différence entre les deux textes, seule la version dans la langue du salarié pourra être opposée à celui‑ci ; enfin l'employeur ne peut se prévaloir, pour nuire au salarié, de clauses d'un contrat conclu en méconnaissance de ces règles.

Exemple Concret

Une société française recrute un chef de projet d'origine polonaise. Le poste est intitulé “Scrum Master” (terme anglais). Le contrat, rédigé en français, précise entre parenthèses et en français la mission correspondant à “Scrum Master”. Le salarié demande une traduction en polonais du contrat : l'employeur lui remet la traduction. Plus tard, si la version française et la version polonaise comportent des différences (par exemple la durée de la période d'essai), la version polonaise ne pourra être utilisée contre le salarié ; l'employeur ne pourra pas invoquer une clause défavorable si le contrat initial n'a pas respecté l'obligation de langue.

Points Clés à Retenir
  • Le contrat écrit doit être rédigé en français.
  • Si le poste n’a pas d’équivalent français, le terme étranger doit être expliqué en français dans le contrat.
  • Pour un salarié étranger, une traduction dans sa langue doit être fournie à sa demande.
  • Les deux textes (français et traduit) font foi devant la justice.
  • En cas de discordance, seule la version rédigée dans la langue du salarié peut être invoquée contre lui (règle protectrice).
  • L'employeur ne peut se prévaloir, pour nuire au salarié, de clauses d’un contrat conclu en méconnaissance de ces obligations linguistiques.
  • Pratique recommandée : rédiger d’abord en français, conserver la traduction et les preuves de remise au salarié (dates, signatures) pour éviter les litiges.
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