Code du Travail

Article L1225-44 : Explication et Exemple

Comprendre le droit du travail simplement.

Texte Officiel
"En l'absence d'accord collectif de branche ou d'entreprise déterminant des garanties d'évolution de la rémunération des salariés, pendant le congé d'adoption et à la suite de ce congé, au moins aussi favorables que celles mentionnées dans le présent article, cette rémunération, au sens de l'article L. 3221-3 , est majorée, à la suite de ce congé, des augmentations générales ainsi que de la moyenne des augmentations individuelles perçues pendant la durée de ce congé par les salariés relevant de la même catégorie professionnelle ou, à défaut, de la moyenne des augmentations individuelles dans l'entreprise. Cette règle n'est pas applicable aux accords collectifs de branche ou d'entreprise conclus antérieurement à l'entrée en vigueur de la loi n° 2006-340 du 23 mars 2006 relative à l'égalité salariale entre les femmes et les hommes."

L'Explication Prémisse

En termes simples

Cet article protège le salaire des salariés partis en congé d’adoption : s’il n’existe pas d’accord de branche ou d’entreprise garantissant déjà des évolutions de salaire au moins aussi favorables, l’employeur doit, au retour du congé, augmenter la rémunération (au sens de l’article L.3221‑3) en y appliquant les augmentations générales accordées pendant l’absence et la moyenne des augmentations individuelles perçues par les salariés de la même catégorie professionnelle (ou à défaut, la moyenne des augmentations individuelles dans l’entreprise). L’objectif est d’éviter qu’un salarié perde en progression de salaire pendant son congé d’adoption. Une exception existe pour certains accords collectifs antérieurs au 23 mars 2006.

Exemple Concret

Exemple concret : Marie, technicienne, part 6 mois en congé d’adoption. Pendant son absence, l’entreprise accorde une augmentation générale de 2 % à tous et, parmi les techniciens, les augmentations individuelles attribuées pendant cette période ont été de +1 %, +3 % et +2 % (moyenne = 2 %). À son retour, et s’il n’existe pas d’accord collectif plus favorable, son salaire est majoré de 2 % (augmentation générale) + 2 % (moyenne des augmentations individuelles des techniciens) = +4 % par rapport à sa rémunération avant congé. Si aucun technicien n’a eu d’augmentation individuelle, on calcule la moyenne sur l’ensemble de l’entreprise.

Points Clés à Retenir
  • Champ d’application : s’applique en l’absence d’accord collectif de branche ou d’entreprise prévoyant des garanties au moins aussi favorables.
  • Effet : augmentation de la rémunération au retour du congé d’adoption par application des augmentations générales et de la moyenne des augmentations individuelles.
  • Référence de calcul : on prend d’abord la catégorie professionnelle du salarié ; à défaut de base suffisante, on retient la moyenne des augmentations individuelles dans l’entreprise.
  • Temporalité : seules les augmentations intervenues pendant la durée du congé d’adoption sont prises en compte et s’appliquent au retour.
  • Exception : la règle ne s’applique pas aux accords collectifs de branche ou d’entreprise conclus antérieurement à l’entrée en vigueur de la loi du 23 mars 2006 (n°2006‑340).
  • Conséquences pratiques : l’employeur doit ajuster la rémunération au retour ; en cas de désaccord, le salarié peut saisir les juridictions (conseil de prud’hommes) pour obtenir la majoration due.

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