Code du Travail

Article L1233-87 : Explication et Exemple

Comprendre le droit du travail simplement.

Texte Officiel
"Lorsqu'un licenciement collectif effectué par une entreprise d'au moins cinquante salariés non soumise à l'obligation de proposer un congé de reclassement affecte, par son ampleur, l'équilibre du ou des bassins d'emploi dans lesquels elle est implantée, l'autorité administrative, après avoir, le cas échéant, prescrit une étude d'impact social et territorial prenant en compte les observations formulées par l'entreprise concernée, intervient pour faciliter la mise en oeuvre d'actions de nature à permettre le développement d'activités nouvelles et atténuer les effets de la restructuration envisagée sur les autres entreprises dans le ou les bassins d'emploi. L'autorité administrative intervient en concertation avec les organismes participant ou concourant au service public de l'emploi mentionnés aux articles L. 5311-2 et suivants et, le cas échéant, avec la ou les maisons de l'emploi. L'entreprise et l'autorité administrative définissent d'un commun accord les modalités selon lesquelles l'entreprise prend part, le cas échéant, à ces actions, compte tenu notamment de sa situation financière et du nombre d'emplois supprimés. Les dispositions du deuxième alinéa ne sont pas applicables aux entreprises en redressement ou en liquidation judiciaire."

L'Explication Prémisse

En termes simples

Cet article prévoit que lorsqu'une entreprise d'au moins 50 salariés, qui n'est pas soumise à l'obligation de proposer un congé de reclassement, annonce un plan de suppressions d'emplois dont l'ampleur risque de déstabiliser le ou les bassins d'emploi locaux, l'autorité administrative (généralement le préfet) peut intervenir. Après, si nécessaire, une étude d'impact social et territorial (à laquelle l'entreprise peut répondre), l'administration organise et facilite des actions pour favoriser le développement d'activités nouvelles et réduire les retombées négatives de la restructuration sur les autres entreprises du territoire. L'intervention se fait en concertation avec les acteurs du service public de l'emploi (ex. Pôle emploi) et éventuellement les maisons de l'emploi ; l'entreprise et l'administration conviennent ensemble des modalités de participation de l'entreprise, en tenant compte de sa situation financière et du nombre d'emplois supprimés. Ces mesures ne s'appliquent pas aux entreprises en redressement ou liquidation judiciaire.

Exemple Concret

Une usine de fabrication employant 220 personnes annonce la suppression de 70 postes, ce qui risque d'affaiblir fortement l'emploi dans la vallée où se situent de nombreuses PME. Le préfet mandate une étude d'impact social et territorial après réception des observations de l'entreprise. Sur la base de l'étude, le préfet, en lien avec Pôle emploi et la maison de l'emploi, met en place un plan local : financement de formations qualifiantes pour les salariés licenciés, aide à la création d'une zone d'activités pour attirer de nouvelles entreprises, et soutien à un incubateur industriel. L'usine accepte de participer financièrement au fonds local de reconversion à hauteur déterminée d'un commun accord, au regard de ses capacités financières et du nombre d'emplois perdus. Si l'usine était en cours de redressement judiciaire, ces dispositions n'auraient pas été applicables.

Points Clés à Retenir
  • Seuil d'application : entreprise d'au moins 50 salariés et non soumise à l’obligation de proposer un congé de reclassement.
  • Condition matérielle : le licenciement collectif doit, par son ampleur, affecter l’équilibre du ou des bassins d’emploi concernés.
  • Rôle de l’autorité administrative : intervention pour faciliter des actions visant le développement d’activités nouvelles et l’atténuation des effets sur les autres entreprises du bassin.
  • Étude d’impact : l’autorité peut prescrire une étude d’impact social et territorial ; l’entreprise peut formuler des observations qui sont prises en compte.
  • Concertation obligatoire : l’intervention se fait avec les organismes du service public de l’emploi (ex. Pôle emploi) et, éventuellement, les maisons de l’emploi.
  • Accord avec l’entreprise : les modalités de participation de l’entreprise aux actions sont définies d’un commun accord, en tenant compte de sa situation financière et du nombre d’emplois supprimés.
  • Exception : les dispositions ne s’appliquent pas aux entreprises en redressement judiciaire ou en liquidation judiciaire.
  • Objectif : éviter l’effet domino sur l’emploi local en combinant études, coordination des acteurs et actions concrètes de développement et d’atténuation.
Besoin d'aide sur cet article ?

Vous avez un cas pratique ou une fiche d'arrêt à réaliser sur l'article L1233-87 ? L'IA Prémisse peut vous aider à rédiger votre devoir.

Disponible 24/7 • Méthodologie CRFPA