Code du Travail

Article L1242-12-1 : Explication et Exemple

Comprendre le droit du travail simplement.

Texte Officiel
"Lorsque le contrat de travail à durée déterminée est conclu en application du 6° de l'article L. 1242-2 , il comporte également : 1° La mention " contrat à durée déterminée à objet défini " ; 2° L'intitulé et les références de l'accord collectif qui institue ce contrat ; 3° Une clause descriptive du projet et la mention de sa durée prévisible ; 4° La définition des tâches pour lesquelles le contrat est conclu ; 5° L'évènement ou le résultat objectif déterminant la fin de la relation contractuelle ; 6° Le délai de prévenance de l'arrivée au terme du contrat et, le cas échéant, de la proposition de poursuite de la relation de travail en contrat à durée indéterminée ; 7° Une clause mentionnant la possibilité de rupture à la date anniversaire de la conclusion du contrat, par l'une ou l'autre partie, pour un motif réel et sérieux et le droit pour le salarié, lorsque cette rupture est à l'initiative de l'employeur, à une indemnité égale à 10 % de la rémunération totale brute du salarié."

L'Explication Prémisse

En termes simples

Cet article précise les mentions obligatoires du contrat de travail « à durée déterminée à objet défini » (CDD « à objet défini ») : il s’agit d’un CDD utilisé uniquement quand un accord collectif l’autorise pour réaliser un projet précis. Le contrat doit indiquer explicitement qu’il s’agit d’un « contrat à durée déterminée à objet défini », citer l’accord collectif qui le permet, décrire le projet et sa durée prévisible, définir les tâches confiées, préciser l’événement ou le résultat objectif qui mettra fin au contrat, prévoir un délai de prévenance avant l’arrivée au terme (et, le cas échéant, la proposition de CDI), et contenir une clause permettant une rupture, à date anniversaire, pour un motif réel et sérieux — si l’employeur rompt à cette occasion, le salarié a droit à une indemnité égale à 10 % de sa rémunération brute totale. Ces exigences visent à encadrer strictement l’usage de ce type de CDD et à protéger le salarié en assurant transparence et sécurité juridique.

Exemple Concret

Une société d’ingénierie signe, sur la base de l’accord collectif de la branche, un CDD à objet défini avec un chef de projet pour l’intégration d’un nouveau système d’information. Le contrat mentionne « contrat à durée déterminée à objet défini », référence l’accord collectif, décrit le projet (« intégration et mise en service du SI X ») avec une durée prévisible de 18 mois, liste les tâches (analyse, développement, tests, formation utilisateurs), et fixe comme événement de fin la « recette finale validée par le client et mise en production ». Il prévoit un délai de prévenance de deux mois avant la date prévue de fin et indique que, si une poursuite en CDI est possible, une proposition sera faite. Enfin, il contient la clause autorisant la rupture à chaque date anniversaire pour motif réel et sérieux ; si l’employeur met fin au contrat à cette date, il versera au salarié 10 % de la rémunération brute totale perçue.

Points Clés à Retenir
  • Contrat réservé aux situations prévues par l’accord collectif (article L.1242-2, 6°) : obligation préalable d’un texte conventionnel.
  • Mention obligatoire « contrat à durée déterminée à objet défini » dans le contrat.
  • Obligation d’indiquer l’intitulé et les références de l’accord collectif instituant ce type de contrat.
  • Clause descriptive du projet et indication de la durée prévisible du projet (estimation raisonnable exigée).
  • Définition précise des tâches confiées au salarié (limiter le périmètre d’intervention).
  • Identification d’un événement ou d’un résultat objectif qui déterminera la fin du contrat (fin liée au projet, pas seulement à une date).
  • Délai de prévenance avant l’arrivée au terme du contrat et, le cas échéant, mention d’une proposition de CDI.
  • Clause autorisant la rupture à la date anniversaire pour motif réel et sérieux par l’une ou l’autre partie.
  • Si l’employeur prend l’initiative de la rupture à la date anniversaire, le salarié a droit à une indemnité égale à 10 % de la rémunération totale brute perçue.
  • Absence ou irrégularité des mentions obligatoires expose le contrat à un risque de requalification en CDI et à des sanctions/indemnités pour l’employeur.
Besoin d'aide sur cet article ?

Vous avez un cas pratique ou une fiche d'arrêt à réaliser sur l'article L1242-12-1 ? L'IA Prémisse peut vous aider à rédiger votre devoir.

Disponible 24/7 • Méthodologie CRFPA