Code du Travail

Article L1251-44 : Explication et Exemple

Comprendre le droit du travail simplement.

Texte Officiel
"Toute clause tendant à interdire l'embauche par l'entreprise utilisatrice du salarié temporaire à l'issue de sa mission est réputée non écrite."

L'Explication Prémisse

En termes simples

Cette disposition signifie simplement qu'une clause insérée dans un contrat (par exemple entre une agence d'intérim et l'entreprise utilisatrice) qui interdirait à cette entreprise d'embaucher le salarié temporaire à la fin de sa mission est sans effet : elle est considérée comme « non écrite » et ne peut pas être appliquée. Concrètement, l'utilisateur est libre de proposer un contrat de travail au salarié intérimaire et le salarié est libre de l'accepter — toute disposition prétendant l'en empêcher ne produit aucun effet juridique.

Exemple Concret

Une société cliente fait appel à une agence d'intérim pour une mission de 6 mois. Le contrat entre l'agence et la société contient une clause disant que la société ne pourra pas embaucher le salarié missionné pendant 12 mois après la fin de la mission. À l'issue des 6 mois, la société propose un CDI au salarié et celui-ci l'accepte. La clause d'interdiction figurant dans le contrat agence/société est réputée non écrite : elle ne peut empêcher l'embauche et ne peut être opposée ni au salarié ni à la société.

Points Clés à Retenir
  • Toute clause interdisant l'embauche du salarié intérimaire par l’entreprise utilisatrice est nulle (réputée non écrite).
  • La liberté d’embauche de l’entreprise utilisatrice et la liberté de travail du salarié intérimaire sont protégées : l’entreprise peut proposer un contrat et le salarié peut l’accepter.
  • L’invalidité de la clause vaut même si elle figure dans un contrat entre l’agence d’intérim et l’entreprise utilisatrice ; elle n’a aucune force juridique contre le salarié ou l’utilisateur.
  • Des dispositions contractuelles entre agences et utilisateurs visant à encadrer les modalités pratiques d’un recrutement (information préalable, éventuels accords commerciaux) ne doivent pas constituer une interdiction ; elles doivent être rédigées de façon à respecter l’article L1251-44.
  • En cas de litige, un juge prononcera la caducité de la clause : l’existence de la clause n’empêche pas, en revanche, d’examiner d’autres griefs éventuellement indépendants (ex. concurrence déloyale), mais l’interdiction elle-même n’est pas opposable.
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