Code du Travail

Article L1251-9 : Explication et Exemple

Comprendre le droit du travail simplement.

Texte Officiel
"Dans les six mois suivant un licenciement pour motif économique, il est interdit de faire appel à un salarié temporaire au titre d'un accroissement temporaire de l'activité, y compris pour l'exécution d'une tâche occasionnelle, précisément définie et non durable, ne relevant pas de l'activité normale de l'entreprise utilisatrice. Cette interdiction porte sur les postes concernés par le licenciement dans l'établissement. L'interdiction ne s'applique pas : 1° Lorsque la durée du contrat de mission n'est pas susceptible de renouvellement et n'excède pas trois mois ; 2° Lorsque le contrat est lié à la survenance dans l'entreprise, qu'il s'agisse de celle de l'entrepreneur principal ou de celle d'un sous-traitant, d'une commande exceptionnelle à l'exportation dont l'importance nécessite la mise en oeuvre de moyens quantitativement ou qualitativement exorbitants de ceux que l'entreprise utilise ordinairement. Cette possibilité de recrutement est subordonnée à l'information et à la consultation préalables du comité social et économique, s'il existe. Les dérogations prévues aux 1° et 2° n'exonèrent pas l'employeur de respecter la priorité de réembauche prévue à l'article L. 1233-45 ."

L'Explication Prémisse

En termes simples

Cet article interdit à l'employeur de recourir, pendant les six mois qui suivent un licenciement économique, à des salariés intérimaires pour occuper les postes visés par ces licenciements dans le même établissement, y compris pour un surcroît d'activité temporaire ou une tâche occasionnelle qui ne relève pas de l'activité normale. Il existe toutefois deux dérogations strictes : la mission intérimaire non renouvelable d'une durée maximale de trois mois, ou le recrutement lié à une commande exceptionnelle à l'export nécessitant des moyens exceptionnellement importants ; ces dérogations sont soumises à l'information et à la consultation préalables du comité social et économique (s'il existe). Enfin, même en cas de dérogation, l'employeur doit respecter la priorité de réembauche prévue par l'article L.1233-45.

Exemple Concret

Exemple : Une usine A licencie pour motif économique trois opérateurs sur la chaîne de montage du site de Lyon. Dans les deux mois qui suivent, la direction ne peut pas faire appel à une agence d'intérim pour pourvoir ces mêmes postes sur le site de Lyon, sauf si elle recrute pour des missions d'intérim non renouvelables et de moins de trois mois (par exemple pour une absence exceptionnelle et strictement limitée à 10 semaines) ou si elle reçoit une commande d'exportation exceptionnelle nécessitant des moyens très supérieurs à l'ordinaire. Avant d'utiliser l'une de ces dérogations, la direction doit informer et consulter le CSE de l'établissement et, en tout état de cause, proposer la priorité de réembauche aux salariés licenciés éligibles.

Points Clés à Retenir
  • Champ d’application : concerne les postes visés par le licenciement dans le même établissement.
  • Durée de l’interdiction : 6 mois à compter du licenciement (période pendant laquelle le recours à l’intérim est interdit pour ces postes).
  • Nature de l’interdiction : vise le recours à des salariés temporaires, même pour un accroissement temporaire ou une tâche occasionnelle non rattachée à l’activité normale.
  • Exception 1° : mission d’intérim non susceptible de renouvellement et d’une durée n’excédant pas 3 mois.
  • Exception 2° : contrat lié à une commande exceptionnelle à l’export nécessitant des moyens quantitativement ou qualitativement exorbitants de l’habitude (entrepreneur principal ou sous-traitant).
  • Obligation préalable : l’utilisation des dérogations est subordonnée à l’information et à la consultation préalable du CSE, s’il existe.
  • Priorité de réembauche : les dérogations ne dispensent pas l’employeur de respecter la priorité de réembauche (art. L.1233-45).
  • Risque en cas de non-respect : l’employeur s’expose à des contestations (saisine du conseil de prud’hommes) et à devoir réparer le préjudice causé aux salariés concernés ; il est recommandé de documenter les motifs et la consultation du CSE.
Besoin d'aide sur cet article ?

Vous avez un cas pratique ou une fiche d'arrêt à réaliser sur l'article L1251-9 ? L'IA Prémisse peut vous aider à rédiger votre devoir.

Disponible 24/7 • Méthodologie CRFPA