L'Explication Prémisse
Cet article oblige chaque conseiller prud'homal, dans les six mois suivant sa prise de fonctions, à remettre une déclaration écrite et sincère des liens et intérêts (professionnels, financiers, familiaux, associatifs…) qu'il a eus ou qu'il a actuellement et qui peuvent influencer, ou sembler influencer, son impartialité sur les cinq années précédant sa nomination. La déclaration est examinée lors d'un entretien déontologique avec l'autorité compétente (président/vice‑président du conseil ou premier président de la cour d'appel) pour prévenir les conflits d'intérêts ; elle peut être modifiée après l'entretien et doit être complétée en deux mois en cas de changement important. La déclaration est confidentielle (sauf communication à la commission nationale de discipline et au ministre de la Justice en cas de procédure disciplinaire). Le non‑dépôt ou la dissimulation d'une part substantielle d'intérêts est sanctionné pénalement (trois ans d'emprisonnement et 45 000 € d'amende) et la divulgation non autorisée de ces déclarations est également punie.
Mme Martin est élue conseillère prud'homale. Dans les trois mois, elle déclare qu'elle a été responsable RH chez «TechServices» jusqu'à deux ans avant sa nomination et qu'elle possède 1,5 % des actions d'une filiale locale. Elle remet la déclaration au président du conseil, passe l'entretien déontologique et, d'un commun accord, s'engage à se récuser automatiquement pour tout dossier concernant «TechServices». Six mois plus tard elle achète de nouvelles actions d'une autre entreprise susceptible d'être concernée par des affaires prud'homales : elle adresse alors, dans les deux mois, une déclaration complémentaire et sollicite un nouvel entretien pour prévenir tout conflit d'intérêts.
- Délai initial : la déclaration doit être remise dans les six mois suivant l'installation du conseiller.
- Contenu : liens et intérêts ayant existé ou existant au cours des cinq années précédant la prise de fonctions, susceptibles d'influencer l'indépendance, l'impartialité ou l'objectivité.
- Destinataires : au président/vice‑président du conseil pour les conseillers ; au premier président de la cour d'appel pour les présidents de conseils relevant de la cour.
- Entretien déontologique : remise suivie d'un entretien pour prévenir les conflits d'intérêts ; entretien renouvelable à la demande.
- Mise à jour : toute modification substantielle doit faire l'objet d'une déclaration complémentaire dans les deux mois et peut donner lieu à un nouvel entretien.
- Confidentialité : la déclaration n'est pas communicable aux tiers ; seule la commission nationale de discipline et le ministre de la Justice peuvent y avoir accès en cas de procédure disciplinaire.
- Sanctions : omission du dépôt ou dissimulation d'une part substantielle est punie de 3 ans d'emprisonnement et de 45 000 € d'amende, avec peines complémentaires possibles (interdictions civiles et professionnelles).
- Divulgation interdite : la publication ou la divulgation non autorisée des déclarations est pénalement réprimée (renvoi à l'article 226‑1 du code pénal).
- Règlement d'application : un décret précisera le modèle, le contenu, les modalités de remise, de mise à jour et de conservation de la déclaration.