L'Explication Prémisse
Cet article fixe le contenu obligatoire de la négociation annuelle sur l’égalité professionnelle et la qualité de vie et des conditions de travail (QVT). Concrètement, l’employeur et les représentants du personnel doivent chaque année aborder plusieurs thèmes : conciliation vie pro/vie perso, mesures pour atteindre l’égalité femmes/hommes (salaires, accès à l’emploi, formation, carrières, temps partiel, mixité des postes), lutte contre les discriminations au recrutement et en emploi, insertion et maintien dans l’emploi des travailleurs handicapés, modalités de protection sociale complémentaire, exercice de l’expression des salariés (y compris via outils numériques), droit à la déconnexion (et, à défaut d’accord, rédaction d’une charte après avis du CSE) et, pour certains grands sites, actions d’amélioration de la mobilité domicile‑travail. La négociation doit s’appuyer sur des données chiffrées (ex. écarts de rémunération, taux de promotion) et peut prévoir la prise en charge par l’employeur de certains suppléments de cotisations.
Une entreprise de 120 salariés organise la NAO dédiée à l’égalité et à la QVT. Lors des échanges, les représentants du personnel utilisent les tableaux d’écarts de salaires et de promotions fournis par la direction pour détecter un écart de rémunération entre femmes et hommes sur un poste donné. Ils conviennent d’un calendrier de revalorisations ciblées et d’un plan de formation pour favoriser la promotion des collaboratrices. L’entreprise s’engage aussi à : aménager des plages horaires pour faciliter la garde d’enfants (articulation vie pro/vie perso), mettre en place un recrutement anonyme partiel pour limiter les discriminations, lancer des actions de sensibilisation au handicap et sécuriser des emplois pour deux salariés en situation de handicap, vérifier et améliorer l’offre de complémentaire santé pour respecter les minima légaux, rédiger une charte du droit à la déconnexion après avis du CSE et subventionner partiellement l’abonnement de transports en commun pour les salariés du site.
- La négociation annuelle porte obligatoirement sur une liste précise de thèmes (articulation vie pro/perso, égalité professionnelle, non‑discrimination, handicap, prévoyance/santé complémentaire, expression des salariés, droit à la déconnexion, mobilité pour certains sites).
- Elle doit s’appuyer sur des données chiffrées (références : données visées au 2° de l’article L.2312‑36) pour identifier les écarts et fixer des objectifs/moyens.
- Sur l’égalité professionnelle, la négociation couvre la suppression des écarts de rémunération, l’accès à l’emploi, la formation, le déroulement de carrière, la promotion, les conditions de travail et la mixité des emplois, avec attention particulière aux salariés à temps partiel.
- La question des suppléments de cotisations (article L.241‑3‑1 du Code de la sécurité sociale) peut être abordée : la négociation porte aussi sur les conditions où l’employeur prend en charge tout ou partie de ces suppléments.
- Les mesures anti‑discrimination concernent recrutement, emploi et accès à la formation, avec un focus sur les critères définis par le Code du travail (article L.6315‑1).
- La négociation inclut l’insertion et le maintien dans l’emploi des travailleurs handicapés (accès, formation, conditions de travail, sensibilisation du personnel).
- La négociation traite des régimes de prévoyance et de remboursements complémentaires maladie/maternité/accident si l’entreprise n’est pas couverte par un accord de branche ou d’entreprise, en demandant des garanties au moins aussi favorables que celles prévues par le Code de la sécurité sociale.
- Le droit d’expression directe et collective des salariés (y compris via outils numériques) doit être pris en compte.
- La négociation porte sur le droit à la déconnexion et la régulation des outils numériques ; à défaut d’accord, l’employeur doit élaborer une charte après avis du CSE, incluant formation et sensibilisation à un usage raisonnable des outils numériques.
- Pour les sites importants (entreprises visées à l’article L.2143‑3 avec ≥50 salariés sur un même site), la négociation doit aussi aborder la mobilité domicile‑travail et la prise en charge de certains frais de transport (références : articles L.3261‑3 et L.3261‑3‑1).