Code du Travail

Article L2261-14 : Explication et Exemple

Comprendre le droit du travail simplement.

Texte Officiel
"Lorsque l'application d'une convention ou d'un accord est mise en cause dans une entreprise déterminée en raison notamment d'une fusion, d'une cession, d'une scission ou d'un changement d'activité, cette convention ou cet accord continue de produire effet jusqu'à l'entrée en vigueur de la convention ou de l'accord qui lui est substitué ou, à défaut, pendant une durée d'un an à compter de l'expiration du délai de préavis prévu à l'article L. 2261-9 , sauf clause prévoyant une durée supérieure. Lorsque la convention ou l'accord qui a été mis en cause n'a pas été remplacé par une nouvelle convention ou un nouvel accord dans le délai fixé au premier alinéa du présent article, les salariés des entreprises concernées bénéficient d'une garantie de rémunération dont le montant annuel, pour une durée de travail équivalente à celle prévue par leur contrat de travail, ne peut être inférieur à la rémunération versée, en application de la convention ou de l'accord mis en cause, lors des douze derniers mois. Cette garantie de rémunération s'entend au sens de l'article L. 242-1 du code de la sécurité sociale, à l'exception de la première phrase du deuxième alinéa du même article L. 242-1. Cette garantie de rémunération peut être assurée par le versement d'une indemnité différentielle entre le montant de la rémunération qui était dû au salarié en vertu de la convention ou de l'accord mis en cause et de son contrat de travail et le montant de la rémunération du salarié résultant de la nouvelle convention ou du nouvel accord, s'il existe, et de son contrat de travail. Lorsque la mise en cause concerne une convention ou un accord à durée déterminée, le deuxième alinéa du présent article : 1° S'applique jusqu'au terme qui aurait été celui de la convention ou de l'accord en l'absence de mise en cause si ce terme est postérieur à la date à laquelle la convention ou l'accord mis en cause cesse de produire ses effets en application du premier alinéa ; 2° Ne s'applique pas si ce terme est antérieur à la date à laquelle cette convention ou cet accord cesse de produire ses effets en application du premier alinéa. Une nouvelle négociation doit s'engager dans l'entreprise concernée, à la demande d'une des parties intéressées, dans les trois mois suivant la mise en cause, soit pour l'adaptation aux dispositions conventionnelles nouvellement applicables, soit pour l'élaboration de nouvelles stipulations."

L'Explication Prémisse

En termes simples

Cet article protège les salariés quand l’accord ou la convention qui s’applique dans leur entreprise est contesté (par exemple après une fusion, une cession, une scission ou un changement d’activité) : l’accord contesté continue de s’appliquer jusqu’à ce qu’un nouvel accord le remplace ou, si rien ne le remplace, pendant un an après l’expiration du délai de préavis prévu par l’article L.2261-9 (sauf clause prévoyant une durée plus longue). Si aucun nouvel accord n’est conclu dans ce délai, les salariés bénéficient d’une garantie de rémunération au moins égale, sur une base annuelle et pour la même durée de travail, à ce qu’ils ont perçu sous l’accord mis en cause au cours des 12 derniers mois ; cette garantie peut être versée sous forme d’une indemnité différentielle. Des règles particulières s’appliquent si l’accord mis en cause est à durée déterminée. Enfin, une nouvelle négociation doit s’engager dans les trois mois suivant la mise en cause à la demande d’une des parties.

Exemple Concret

Une PME est rachetée par un groupe. Avant le rachat, la PME appliquait une convention collective locale qui garantissait un salaire moyen annuel de 36 000 € (primes incluses). Après le rachat, la direction invoque l’application de la convention du groupe, moins favorable (33 600 € annuels). Tant qu’un nouvel accord remplaçant n’est pas entré en vigueur, la convention locale continue de s’appliquer. Si, passé le délai d’un an après le préavis, aucun accord de substitution n’est trouvé, les salariés conservent une garantie de rémunération au moins égale à 36 000 € par an. L’employeur peut verser une indemnité différentielle de 200 € par mois à chaque salarié pour compenser la différence entre l’ancien et le nouvel accord. Une des parties (syndicat ou employeur) peut aussi demander l’ouverture de négociations dans les trois mois suivant la mise en cause pour définir de nouvelles dispositions adaptées.

Points Clés à Retenir
  • Champ d’application : concerne la mise en cause de l’application d’une convention ou d’un accord dans une entreprise déterminée (fusion, cession, scission, changement d’activité, etc.).
  • Continuité : l’accord mis en cause continue de produire effet jusqu’à l’entrée en vigueur de l’accord de substitution ou, à défaut, pendant un an après l’expiration du délai de préavis prévu à l’article L.2261-9 (sauf clause prévoyant une durée supérieure).
  • Garantie de rémunération : si aucun remplacement n’est conclu dans le délai, les salariés bénéficient d’une garantie de rémunération annuelle au moins égale à la rémunération perçue au titre de l’accord mis en cause pendant les 12 derniers mois, pour une durée de travail équivalente à leur contrat.
  • Modalités de versement : la garantie peut être assurée par une indemnité différentielle entre la rémunération antérieure et la rémunération résultant du nouvel accord et du contrat de travail.
  • Référence sécurité sociale : la garantie s’entend au sens de l’article L.242-1 du code de la sécurité sociale (avec l’exception mentionnée par le texte).
  • Accords à durée déterminée : règles spécifiques — la garantie s’applique jusqu’au terme prévu initialement si ce terme est postérieur à la date de cessation d’effet ; elle ne s’applique pas si ce terme est antérieur.
  • Obligation de négocier : une nouvelle négociation doit être engagée, à la demande d’une des parties intéressées, dans les trois mois suivant la mise en cause, soit pour adapter les dispositions conventionnelles applicables, soit pour élaborer de nouvelles stipulations.
  • Possibilité contractuelle : la clause du texte permet d’allonger la durée pendant laquelle l’accord continue de produire effet si une telle durée est prévue dans l’accord lui‑même.

Continuez votre lecture

Inscrivez-vous gratuitement pour accéder à tout le contenu

  • Fiches d'arrêts complètes
  • Explications IA du Code Civil
  • Cas pratiques et flashcards

Gratuit • Sans carte bancaire • En 30 secondes

Besoin d'aide sur cet article ?

Vous avez un cas pratique ou une fiche d'arrêt à réaliser sur l'article L2261-14 ? L'IA Prémisse peut vous aider à rédiger votre devoir.

Disponible 24/7 • Méthodologie CRFPA