Code du Travail

Article L2261-25 : Explication et Exemple

Comprendre le droit du travail simplement.

Texte Officiel
"Le ministre chargé du travail peut exclure de l'extension, après avis motivé de la Commission nationale de la négociation collective, les clauses qui seraient en contradiction avec des dispositions légales. Il peut également refuser, pour des motifs d'intérêt général, notamment pour atteinte excessive à la libre concurrence ou au regard des objectifs de la politique de l'emploi, l'extension d'un accord collectif. Il peut également exclure les clauses pouvant être distraites de la convention ou de l'accord sans en modifier l'économie, mais ne répondant pas à la situation de la branche ou des branches dans le champ d'application considéré. Il peut, dans les mêmes conditions, étendre, sous réserve de l'application des dispositions légales, les clauses incomplètes au regard de ces dispositions. Il peut, dans les mêmes conditions, étendre les clauses appelant des stipulations complémentaires de la convention ou de l'accord, en subordonnant, sauf dispositions législatives contraires, leur entrée en vigueur à l'existence d'une convention d'entreprise prévoyant ces stipulations."

L'Explication Prémisse

En termes simples

Cet article donne au ministre du Travail un pouvoir de filtrage quand il s'agit d’« étendre » un accord de branche (c’est‑à‑dire le rendre obligatoirement applicable à tous les employeurs et salariés d’un périmètre). Après un avis motivé de la Commission nationale de la négociation collective (CNNC), le ministre peut retirer (ne pas étendre) les clauses qui sont contraires à la loi, ou refuser l’extension pour des raisons d’intérêt général (par exemple si une clause porte une atteinte excessive à la concurrence ou va à l’encontre des objectifs de la politique de l’emploi). Il peut aussi exclure des clauses purement accessoires qui n’adaptent pas la règle à la réalité de la branche. À l’inverse, il peut décider d’étendre des clauses incomplètes au regard de la loi ou des clauses qui nécessitent des stipulations complémentaires, mais en subordonnant leur entrée en vigueur à la mise en place de ces stipulations (par exemple l’existence d’un accord d’entreprise), sauf disposition législative contraire.

Exemple Concret

Imaginons une convention de branche du secteur de la restauration qui contient : - une clause disant que les employeurs peuvent ne pas payer les heures supplémentaires (contradiction avec la loi) ; - une clause imposant aux employeurs d’embaucher exclusivement via une centrale de recrutement gérée par la branche (risque d’entrave à la libre concurrence) ; - une grille de classification qui renvoie au niveau de l’entreprise pour préciser certains coefficients (clauses incomplètes nécessitant un accord d’entreprise). Après avis de la CNNC, le ministre peut exclure la clause sur la non‑paiement des heures supplémentaires (contradiction avec la loi) ; refuser l’extension de la clause d’embauche exclusive pour motif d’intérêt général et atteinte à la concurrence ; et, pour la grille incomplète, décider d’étendre la partie applicable, mais en subordonnant son entrée en vigueur à l’existence d’accords d’entreprise précisant les coefficients manquants.

Points Clés à Retenir
  • Pouvoir du ministre : il peut exclure ou refuser l’extension d’une clause d’accord de branche après avis motivé de la CNNC.
  • Contradiction à la loi : toute clause contraire à des dispositions légales peut être exclue de l’extension.
  • Motifs d’intérêt général : le ministre peut refuser l’extension pour des raisons comme une atteinte excessive à la libre concurrence ou un impact négatif sur la politique de l’emploi.
  • Clauses détachables : il peut écarter les clauses qui peuvent être « distraites » (séparées) de l’accord sans en modifier l’économie mais qui ne répondent pas à la situation de la branche concernée.
  • Clauses incomplètes : le ministre peut étendre des clauses incomplètes sous réserve qu’elles respectent les dispositions légales.
  • Clauses nécessitant des stipulations complémentaires : extension possible mais conditionnée, sauf disposition législative contraire, à l’existence d’un accord d’entreprise ou d’autres stipulations nécessaires pour leur mise en œuvre.
  • Rôle de la CNNC : l’avis motivé de la Commission est requis avant la décision ministérielle.
  • Effet juridique : une clause exclue de l’extension ne devient pas obligatoire pour les employeurs et salariés relevant du périmètre étendu.
  • Contrôles et recours : la décision ministérielle est administrative et peut faire l’objet d’un recours devant le juge administratif (contentieux de l’extension).
Besoin d'aide sur cet article ?

Vous avez un cas pratique ou une fiche d'arrêt à réaliser sur l'article L2261-25 ? L'IA Prémisse peut vous aider à rédiger votre devoir.

Disponible 24/7 • Méthodologie CRFPA