L'Explication Prémisse
Cet article dit que pour déroger au repos dominical (faire travailler des salariés le dimanche), il faut d’abord un accord collectif (branche, entreprise, établissement ou territorial) qui fixe les contreparties (salaire, repos, engagements en matière d’emploi, aides pour publics en difficulté ou personnes handicapées, mesures conciliation vie pro/perso, prise en charge garde d’enfants). À défaut d’accord collectif, l’employeur peut prendre une décision unilatérale seulement après avis du CSE s’il existe et après un référendum auprès des salariés concernés ; cette décision doit aussi prévoir les contreparties et, si elle l’autorise, chaque salarié privé du dimanche bénéficie d’un repos compensateur et d’une rémunération au moins double pour ce jour. Si un accord collectif est négocié ensuite, il remplace la décision unilatérale. Il existe des règles particulières pour les petits établissements (<11 salariés) et des règles sur le suivi des évolutions personnelles des salariés concernés (ex : grossesse, handicap, changement de situation).
Exemple 1 (magasin touristique de 25 salariés) : l’entreprise veut ouvrir tous les dimanches. Il n’y a pas d’accord de branche applicable. L’employeur consulte le CSE, organise un référendum auprès des salariés concernés et la décision unilatérale est approuvée. La décision prévoit : pour les salariés travaillant le dimanche un repos compensateur, le versement d’au moins le double de la paie normale pour chaque dimanche travaillé, la création de deux postes destinés aux personnes en situation de handicap et une indemnité garde d’enfants. Un an plus tard, un accord d’entreprise est négocié : il remplace alors les contreparties précédentes dès sa signature. Exemple 2 (boulangerie de 8 salariés) : il n’existe pas d’accord : l’employeur consulte les salariés concernés sur les mesures proposées et la majorité d’entre eux approuve l’organisation du travail dominical et les compensations. Si la boulangerie dépasse 11 salariés de manière constante pendant trois années consécutives, elle devra alors se conformer aux règles de l’alinéa applicable aux établissements plus importants (accord collectif ou décision approuvée par référendum précédée d’avis CSE).
- Priorité à l’accord collectif : branche, entreprise, établissement ou territorial pour autoriser le travail dominical.
- À défaut d’accord, l’employeur peut prendre une décision unilatérale uniquement après avis du CSE (s’il existe) et approbation par référendum auprès des salariés concernés.
- L’accord collectif ou la décision unilatérale doit fixer les contreparties : compensations salariales, repos compensateur, engagements en matière d’emploi, mesures en faveur des publics en difficulté et des personnes handicapées.
- En l’absence d’accord, la décision unilatérale approuvée par référendum impose pour chaque salarié privé du repos dominical un repos compensateur et une rémunération au moins égale au double de la rémunération normale pour la durée travaillée ce jour-là.
- Si un accord collectif est négocié ultérieurement, il s’applique dès sa signature et remplace les contreparties prévues par la décision unilatérale antérieure.
- Pour appliquer le repos hebdomadaire par roulement, l’établissement doit être couvert par un accord (entreprise/établissement/branche) ou un accord territorial qui prévoit une compensation adaptée.
- Les accords doivent aussi prévoir des mesures facilitant la conciliation vie professionnelle/vie personnelle et compenser les charges de garde d’enfants pour les salariés privés du dimanche.
- Règles particulières pour les établissements de moins de 11 salariés : à défaut d’accord, l’employeur peut ouvrir la faculté après consultation et approbation de la majorité des salariés concernés.
- Seuil d’évolution d’effectif : si l’établissement dépasse 11 salariés, l’obligation d’accord s’applique à compter de la troisième année consécutive au cours de laquelle l’effectif atteint ce seuil.
- L’accord ou la décision doit prévoir comment tenir compte de l’évolution de la situation personnelle des salariés privés du repos dominical (ex : grossesse, garde d’enfant, handicap).