Code du Travail

Article L3132-25-4 : Explication et Exemple

Comprendre le droit du travail simplement.

Texte Officiel
"Pour l'application des articles L. 3132-20 , L. 3132-24, L. 3132-25, L. 3132-25-1 et L. 3132-25-6 , seuls les salariés volontaires ayant donné leur accord par écrit à leur employeur peuvent travailler le dimanche. Une entreprise ne peut prendre en considération le refus d'une personne de travailler le dimanche pour refuser de l'embaucher. Le salarié qui refuse de travailler le dimanche ne peut faire l'objet d'une mesure discriminatoire dans le cadre de l'exécution de son contrat de travail. Le refus de travailler le dimanche pour un salarié ne constitue pas une faute ou un motif de licenciement. L'accord collectif ou les mesures proposées par l'employeur mentionnés au II de l'article L. 3132-25-3 déterminent les modalités de prise en compte d'un changement d'avis du salarié privé du repos dominical. Pour l'application de l'article L. 3132-20, à défaut d'accord collectif applicable, l'employeur demande chaque année à tout salarié qui travaille le dimanche s'il souhaite bénéficier d'une priorité pour occuper ou reprendre un emploi ressortissant à sa catégorie professionnelle ou un emploi équivalent ne comportant pas de travail le dimanche dans le même établissement ou, à défaut, dans la même entreprise. L'employeur l'informe également, à cette occasion, de sa faculté de ne plus travailler le dimanche s'il ne le souhaite plus. En pareil cas, le refus du salarié prend effet trois mois après sa notification écrite à l'employeur. En outre, le salarié qui travaille le dimanche peut à tout moment demander à bénéficier de la priorité définie à l'alinéa précédent. En l'absence d'accord collectif, le salarié privé de repos dominical conserve la faculté de refuser de travailler trois dimanches de son choix par année civile. Il doit en informer préalablement son employeur en respectant un délai d'un mois. L'employeur prend toute mesure nécessaire pour permettre aux salariés d'exercer personnellement leur droit de vote au titre des scrutins nationaux et locaux lorsque ceux-ci ont lieu le dimanche."

L'Explication Prémisse

En termes simples

Cet article protège les salariés : seuls ceux qui ont accepté par écrit peuvent être amenés à travailler le dimanche. Refuser de travailler le dimanche ne peut ni empêcher une embauche, ni justifier une sanction, une mesure discriminatoire ou un licenciement. L'employeur doit organiser, notamment en l'absence d'accord collectif, des dispositifs pour permettre au salarié qui travaille le dimanche de demander une priorité pour obtenir un poste équivalent sans travail dominical (réponse annuelle ou à la demande), et informer le salarié qu'il peut cesser le travail dominical ; ce refus prend effet trois mois après notification écrite. À défaut d'accord collectif, le salarié privé de repos dominical peut aussi refuser de travailler trois dimanches par an (préavis d'un mois). Enfin, l'employeur doit prendre des mesures pour permettre aux salariés de voter lors des scrutins nationaux et locaux qui ont lieu le dimanche.

Exemple Concret

Entreprise de distribution : Sophie a signé par écrit pour travailler régulièrement le dimanche. Chaque année (en l'absence d'accord collectif), son employeur lui demande si elle souhaite une priorité pour être affectée sur un poste équivalent sans travail le dimanche. Sophie répond oui et, six mois plus tard, une place se libère dans un service qui ne travaille pas le dimanche ; grâce à sa priorité, elle est reclassée sur ce poste. Paul, qui travaille aussi le dimanche, informe son employeur par écrit qu'il ne veut plus travailler le dimanche : son refus prendra effet trois mois après la notification écrite. Marc, privé de repos dominical et sans accord collectif applicable, souhaite assister à un match un dimanche : il utilise l'un des trois refus annuels possibles en prévenant son employeur un mois à l'avance. Enfin, lors d'une élection, l'employeur aménage les plannings pour permettre à tous d'aller voter.

Points Clés à Retenir
  • Travail dominical possible seulement pour les salariés volontaires ayant donné un accord écrit.
  • Le refus de travailler le dimanche ne peut pas être un motif de refus d'embauche, de sanction, de discrimination ou de licenciement.
  • Modalités de changement d'avis (pour ceux privés du repos dominical) sont fixées par accord collectif ou mesures patronales ; à défaut, le salarié notifiant qu'il ne veut plus travailler le dimanche voit son refus prendre effet trois mois après notification écrite.
  • En l'absence d'accord collectif, l'employeur doit, au moins une fois par an, demander aux salariés travaillant le dimanche s'ils souhaitent bénéficier d'une priorité pour occuper un emploi équivalent sans travail dominical dans le même établissement ou entreprise ; le salarié peut aussi demander cette priorité à tout moment.
  • À défaut d'accord collectif, le salarié privé de repos dominical peut refuser de travailler trois dimanches par an (préavis d'un mois).
  • L'employeur doit prendre les mesures nécessaires pour permettre aux salariés d'exercer leur droit de vote lors des scrutins nationaux et locaux qui ont lieu le dimanche.

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