Code du Travail

Article L4622-6 : Explication et Exemple

Comprendre le droit du travail simplement.

Texte Officiel
"Les dépenses afférentes aux services de prévention et de santé au travail sont à la charge des employeurs. Au sein des services communs à plusieurs établissements ou à plusieurs entreprises constituant une unité économique et sociale, ces frais sont répartis proportionnellement au nombre des salariés comptant chacun pour une unité. Au sein des services de prévention et de santé au travail interentreprises, les services obligatoires prévus à l'article L. 4622-9-1 font l'objet d'une cotisation proportionnelle au nombre de travailleurs suivis comptant chacun pour une unité. Les services complémentaires proposés et l'offre spécifique de services prévue à l'article L. 4621-3 font l'objet d'une facturation sur la base d'une grille tarifaire. Le montant des cotisations et la grille tarifaire sont approuvés par l'assemblée générale. Un décret détermine les conditions dans lesquelles le montant des cotisations ne doit pas s'écarter au delà d'un pourcentage, fixé par décret, du coût moyen national de l'ensemble socle de services mentionné à l'article L. 4622-9-1. Par dérogation aux deuxième et troisième alinéas du présent article, dans le cas des dépenses effectuées pour les journalistes rémunérés à la pige relevant de l'article L. 7111-3, pour les salariés relevant des professions mentionnées à l'article L. 5424-22 et pour ceux définis à l'article L. 7123-2, ces frais sont répartis proportionnellement à la masse salariale. Par dérogation aux deuxième et troisième alinéas du présent article, les dépenses du service de santé au travail des employeurs mentionnés à l'article L. 717-1 du code rural et de la pêche maritime sont couvertes selon les modalités prévues aux articles L. 717-2 , L. 717-2-1 et L. 717-3-1 du même code."

L'Explication Prémisse

En termes simples

Les employeurs doivent financer les services de prévention et de santé au travail. Quand plusieurs établissements d’un même groupe (ou plusieurs entreprises formant une UES) partagent un service commun, les frais sont répartis au prorata du nombre de salariés (chaque salarié = 1 unité). Pour les services interentreprises, la part pour les services obligatoires est une cotisation par travailleur, tandis que les prestations complémentaires sont facturées selon une grille tarifaire. Le montant des cotisations et de la grille est validé par l’assemblée générale des adhérents et un décret encadre l’écart possible par rapport au coût moyen national. Il existe des dérogations : pour certains travailleurs (journalistes à la pige, professions visées aux articles cités), la répartition se fait selon la masse salariale, et d’autres employeurs agricoles relèvent de modalités spécifiques prévues dans le code rural.

Exemple Concret

Une PME fait partie d’un service de santé interentreprises qui regroupe 30 entreprises. Le socle de services (visites médicales obligatoires, suivi, actions de prévention) donne lieu à une cotisation de 150 € par salarié/an (approuvée par l’assemblée). L’entreprise A a 40 salariés, B 10 et C 50 ; elles paient donc respectivement 40×150 = 6 000 €, 1 500 € et 7 500 € pour le socle. Si l’entreprise A demande une évaluation ergonomique supplémentaire, cette prestation complémentaire sera facturée selon la grille tarifaire (par ex. 800 € la mission), distincte de la cotisation par salarié. Si l’une des entreprises regroupe des journalistes payés à la pige, sa part des dépenses sera, pour ces salariés, calculée en fonction de la masse salariale et non au nombre de personnes.

Points Clés à Retenir
  • La charge financière des services de prévention et de santé au travail incombe aux employeurs.
  • Pour un service commun à plusieurs établissements ou entreprises formant une UES, répartition au prorata du nombre de salariés (chaque salarié compte pour une unité).
  • Pour les services interentreprises : cotisation proportionnelle au nombre de travailleurs pour les services obligatoires (socle).
  • Les services complémentaires et l’offre spécifique sont facturés selon une grille tarifaire distincte.
  • Le montant des cotisations et la grille tarifaire doivent être approuvés par l’assemblée générale des membres/adhérents du service.
  • Un décret fixe la marge maximale d’écart possible entre les cotisations et le coût moyen national de l’ensemble du socle de services.
  • Dérogations : pour certains publics (journalistes à la pige, professions visées aux articles L.5424-22 et L.7123-2), la répartition se fait proportionnellement à la masse salariale.
  • Autre dérogation : employeurs relevant du code rural (art. L.717-1) sont gérés selon les modalités prévues dans les articles cités du code rural.
Besoin d'aide sur cet article ?

Vous avez un cas pratique ou une fiche d'arrêt à réaliser sur l'article L4622-6 ? L'IA Prémisse peut vous aider à rédiger votre devoir.

Disponible 24/7 • Méthodologie CRFPA