Code du Travail

Article L4624-7 : Explication et Exemple

Comprendre le droit du travail simplement.

Texte Officiel
"I.-Le salarié ou l'employeur peut saisir le conseil de prud'hommes selon la procédure accélérée au fond d'une contestation portant sur les avis, propositions, conclusions écrites ou indications émis par le médecin du travail reposant sur des éléments de nature médicale en application des articles L. 4624-2 , L. 4624-3 et L. 4624-4 . Le médecin du travail, informé de la contestation par l'employeur, n'est pas partie au litige. II.-Le conseil de prud'hommes peut confier toute mesure d'instruction au médecin inspecteur du travail territorialement compétent pour l'éclairer sur les questions de fait relevant de sa compétence. Celui-ci, peut, le cas échéant, s'adjoindre le concours de tiers. A la demande de l'employeur, les éléments médicaux ayant fondé les avis, propositions, conclusions écrites ou indications émis par le médecin du travail, à l'exception des données recueillies dans le dossier médical partagé en application du IV de l'article L. 1111-17 du code de la santé publique , peuvent être notifiés au médecin que l'employeur mandate à cet effet. Le salarié est informé de cette notification. III.-La décision du conseil de prud'hommes se substitue aux avis, propositions, conclusions écrites ou indications contestés. IV.-Le conseil de prud'hommes peut décider, par décision motivée, de ne pas mettre tout ou partie des honoraires et frais d'expertise à la charge de la partie perdante, dès lors que l'action en justice n'est pas dilatoire ou abusive. Ces honoraires et frais sont réglés d'après le tarif fixé par un arrêté conjoint des ministres chargés du travail et du budget. V.-Les conditions et les modalités d'application du présent article sont définies par décret en Conseil d'Etat."

L'Explication Prémisse

En termes simples

Cet article permet au salarié ou à l’employeur de contester rapidement devant le conseil de prud’hommes un avis, une proposition, une conclusion écrite ou une indication du médecin du travail lorsqu’ils reposent sur des éléments médicaux (par exemple aptitude, restrictions, propositions d’aménagement). La saisine suit une procédure « accélérée au fond » pour aller plus vite. Le médecin du travail est informé mais n’est pas partie au procès. Le conseil peut demander l’avis d’un médecin inspecteur du travail pour instruire le dossier ; à la demande de l’employeur, certains éléments médicaux (sauf ceux du dossier médical partagé) peuvent être communiqués au médecin que l’employeur mandate, l’intéressé étant informé. La décision du conseil remplace l’avis contesté. Les frais d’expertise peuvent être pris en charge différemment si l’action n’est ni dilatoire ni abusive, et les modalités pratiques sont précisées par décret.

Exemple Concret

Cas concret : Claire, opératrice sur une ligne de production, revient après un arrêt maladie et le médecin du travail la déclare « inapte au poste » mais « apte avec aménagement ». L’employeur estime que l’aménagement proposé est impossible et conteste l’avis. L’employeur saisit le conseil de prud’hommes en procédure accélérée au fond. Le médecin du travail est informé de la contestation mais n’est pas partie. Le conseil mandate le médecin inspecteur du travail pour éclairer les faits ; à la demande de l’employeur, les éléments médicaux pertinents (hors données du dossier médical partagé) sont envoyés au médecin choisi par l’employeur, Claire est informée de cette notification. Le conseil rend une décision motivée qui se substitue à l’avis initial du médecin du travail (par exemple en validant un aménagement différent ou en confirmant l’inaptitude). Les frais d’expertise sont réglés conformément au tarif officiel et le conseil peut décider, si l’action n’était pas abusive, de ne pas faire porter tous ces frais sur la partie perdante.

Points Clés à Retenir
  • Saisine possible par le salarié ou l’employeur : contestation d’avis/propositions/conclusions/indications du médecin du travail basés sur éléments médicaux (articles L.4624-2 à L.4624-4).
  • Procédure accélérée au fond : traitement judiciaire plus rapide pour trancher le fond du litige.
  • Le médecin du travail est informé de la contestation mais n’est pas partie au litige (il n’est pas mis en position de défense).
  • Le conseil de prud’hommes peut confier une instruction au médecin inspecteur du travail territorialement compétent ; ce dernier peut s’adjoindre des tiers pour l’éclairage médical.
  • Communication d’éléments médicaux à un médecin mandaté par l’employeur possible sur demande, sauf les données figurant dans le dossier médical partagé (art. L.1111-17 CSP) ; le salarié doit être informé de cette notification.
  • La décision du conseil de prud’hommes se substitue aux avis/propositions/indications contestés : force obligatoire de la décision judiciaire.
  • Répartition des frais d’expertise : le conseil peut, si l’action n’est pas dilatoire ou abusive, décider de ne pas imputer tous les honoraires à la partie perdante ; tarif fixé par arrêté ministériel.
  • Les modalités pratiques (délai, publicité, détails de procédure) sont précisées par décret en Conseil d’État.
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