Code du Travail

Article L4732-2 : Explication et Exemple

Comprendre le droit du travail simplement.

Texte Officiel
"Pour les opérations de bâtiment ou de génie civil, lorsqu'un risque sérieux d'atteinte à l'intégrité physique d'un intervenant sur le chantier résulte, lors de la réalisation des travaux, ou peut résulter, lors de travaux ultérieurs, de l'inobservation des dispositions incombant au maître d'ouvrage prévues au titre Ier du livre II et de celles du titre III du livre V ainsi que des textes pris pour leur application, l'inspecteur du travail saisit le juge judiciaire statuant en référé pour voir ordonner toutes mesures propres à faire cesser ou à prévenir ce risque. Ces mesures peuvent consister notamment en la mise en oeuvre effective d'une coordination en matière de sécurité et de santé sur le chantier ou la détermination de délais de préparation et d'exécution des travaux compatibles avec la prévention des risques professionnels. Le juge peut, en cas de non-respect des dispositions de l'article L. 4531-3 , provoquer la réunion des maîtres d'ouvrage intéressés et la rédaction en commun d'un plan général de coordination. Il peut ordonner la fermeture temporaire d'un atelier ou chantier. Il peut assortir sa décision d'une astreinte liquidée au profit du Trésor. La procédure de référé prévue au présent article s'applique sans préjudice de celle prévue à l'article L. 4732-1 ."

L'Explication Prémisse

En termes simples

Cet article permet à l'inspecteur du travail d'agir en urgence devant le juge judiciaire quand, sur un chantier de bâtiment ou de génie civil, il existe (ou peut exister pour des travaux futurs) un risque sérieux pour l'intégrité physique d'un intervenant résultant du non-respect par le maître d'ouvrage de ses obligations de sécurité. Le juge, saisi en référé, peut ordonner des mesures immédiates et adaptées (mise en œuvre effective d'une coordination sécurité, calendrier de travaux compatible avec la prévention, fermeture temporaire d'un atelier/chantier, etc.) pour faire cesser ou prévenir le danger, et peut imposer des astreintes payables au Trésor en cas de manquement persistant. La procédure est d'ordre public et s'ajoute, sans la remplacer, à d'autres procédures prévues par l'article L.4732-1.

Exemple Concret

Sur un chantier de construction d'un immeuble, plusieurs entreprises interviennent sans coordination effective (aucun plan général de coordination, ordonnancement des travaux chaotique). L'inspecteur du travail constate qu'en l'état, le montage/démontage d'échafaudages et le passage d'engins présentent un risque grave pour les ouvriers. Il saisit le juge des référés qui ordonne la mise en place immédiate d'une coordination sécurité, impose un délai de préparation des phases de chantier compatible avec la prévention des risques et oblige les maîtres d'ouvrage à se réunir pour rédiger, sous quinze jours, un plan général de coordination. Le juge assortit sa décision d'une astreinte de plusieurs milliers d'euros par jour en cas de non-respect, et ordonne la fermeture temporaire d'un atelier où le risque est trop élevé jusqu'à mise en conformité.

Points Clés à Retenir
  • Champ d’application : travaux de bâtiment et de génie civil (y compris risques liés à travaux ultérieurs).
  • Initiative : c’est l’inspecteur du travail qui saisit le juge des référés en cas de risque sérieux pour l’intégrité physique d’un intervenant.
  • Cause déclenchante : non-respect par le maître d’ouvrage des obligations prévues (titre Ier du livre II, titre III du livre V et textes d’application).
  • Pouvoirs du juge : ordonner toutes mesures propres à faire cesser ou prévenir le risque (coordination sécurité effective, détermination de délais de préparation/exécution, etc.).
  • Mesures spécifiques possibles : provoquer la réunion des maîtres d’ouvrage et la rédaction commune d’un plan général de coordination (notamment si L.4531-3 n’est pas respecté), fermeture temporaire d’un atelier ou chantier.
  • Sanction/accessoire : le juge peut assortir sa décision d’une astreinte (pénalité) liquidée au profit du Trésor pour contraindre à l’exécution.
  • Procédure : action en référé (procédure d’urgence) ; s’applique sans préjudice de la procédure prévue à l’article L.4732-1.
  • Finalité : protection immédiate et préventive de la santé et de l’intégrité physique des intervenants sur chantier.
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