Code du Travail

Article L4741-11 : Explication et Exemple

Comprendre le droit du travail simplement.

Texte Officiel
"Lorsqu'un accident du travail survient dans une entreprise où ont été relevés des manquements graves ou répétés aux règles de santé et sécurité au travail, la juridiction saisie, qui relaxe la ou les personnes physiques poursuivies sur le fondement des articles 221-6 , 221-6-1 , 221-18 à 221-20 et 222-19 à 222-20-1 du code pénal , fait obligation à l'entreprise de prendre toutes mesures pour rétablir des conditions normales de santé et sécurité au travail. A cet effet, la juridiction enjoint à l'entreprise de présenter, dans un délai qu'elle fixe, un plan de réalisation de ces mesures, accompagné de l'avis motivé du comité social et économique. La juridiction adopte le plan présenté après avis du directeur régional des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi. A défaut de présentation ou d'adoption d'un tel plan, elle condamne l'entreprise à exécuter, pendant une période qui ne peut excéder cinq ans, un plan de nature à faire disparaître les manquements mentionnés au premier alinéa. Dans ce dernier cas, les dépenses mises à la charge de l'entreprise ne peuvent annuellement dépasser le montant annuel moyen des cotisations d'accidents du travail prélevé au cours des cinq années antérieures à celle du jugement, dans le ou les établissements où ont été relevés les manquements. Le contrôle de l'exécution des mesures prescrites est exercé par l'inspecteur du travail. S'il y a lieu, celui-ci saisit le juge des référés, qui peut ordonner la fermeture totale ou partielle de l'établissement pendant le temps nécessaire pour assurer cette exécution. L'employeur qui, dans les délais prévus, n'a pas présenté le plan mentionné au deuxième alinéa ou n'a pas pris les mesures nécessaires à la réalisation du plan arrêté par la juridiction en vertu du troisième alinéa, est puni d'une amende de 18 000 euros ainsi que des peines prévues à l'article L. 4741-14 ."

L'Explication Prémisse

En termes simples

Si un accident du travail survient dans une entreprise où l'on a constaté des manquements graves ou répétés aux règles de sécurité, et que les personnes physiques poursuivies (par ex. pour blessures ou mise en danger) sont finalement relaxées, le juge peut malgré tout obliger l’entreprise à remettre en état la prévention. Concrètement, le tribunal demande à l’entreprise de présenter, dans un délai fixé, un plan décrivant les mesures pour rétablir des conditions normales de santé et sécurité, accompagné de l’avis du comité social et économique (CSE). Le plan est examiné par l’administration (DREETS) puis adopté par la juridiction ; à défaut de plan présenté ou validé, la cour peut imposer un plan exécutoire (pour au plus 5 ans) dont le coût annuel est plafonné. L’inspection du travail contrôle l’exécution et peut saisir le juge des référés pour obtenir la fermeture partielle ou totale si nécessaire. L’employeur qui ne respecte pas les délais ou n’exécute pas le plan s’expose à une amende (18 000 €) et à d’autres sanctions prévues par la loi.

Exemple Concret

Une usine textile a déjà reçu plusieurs constatations d’absence de protections de machines et de formations insuffisantes. Après qu’un salarié a été gravement blessé sur une machine, les responsables poursuivis pénalement sont finalement relaxés. Le tribunal oblige alors l’entreprise à présenter, sous deux mois, un plan précisant les sécurisations des machines, la formation du personnel et la maintenance, avec l’avis du CSE. La DREETS est consultée puis le juge adopte le plan. L’inspecteur du travail vérifie les travaux ; si l’employeur n’avait rien présenté ou ne respectait pas le plan adopté, le tribunal aurait pu imposer un plan exécutoire, limiter les dépenses annuelles au plafond légal et éventuellement ordonner une fermeture partielle pour faire appliquer les mesures, en plus d’une amende de 18 000 €.

Points Clés à Retenir
  • Condition de déclenchement : accident du travail + antécédents de manquements graves ou répétés aux règles de santé et sécurité dans l’entreprise.
  • Cadre particulier : s’applique même si les personnes physiques poursuivies sont relaxées sur les incriminations visées (articles pénaux cités relatifs aux blessures, homicide involontaire, mise en danger, etc.).
  • Obligation pour l’entreprise : présenter, dans le délai fixé par la juridiction, un plan détaillant les mesures à prendre pour rétablir des conditions normales de santé et sécurité.
  • Avis du CSE : le plan doit être accompagné de l’avis motivé du comité social et économique.
  • Contrôle administratif : la juridiction adopte le plan après avis du directeur régional (DREETS).
  • Plan imposé par le juge : en l’absence de présentation ou d’adoption, le tribunal peut condamner l’entreprise à exécuter un plan pendant une durée maximale de cinq ans.
  • Plafond financier : les dépenses annuelles mises à la charge de l’entreprise ne peuvent excéder le montant annuel moyen des cotisations d’accidents du travail perçues au cours des cinq années précédant le jugement, pour les établissements concernés.
  • Contrôle de l’exécution : assuré par l’inspecteur du travail, qui peut saisir le juge des référés en cas de manquement.
  • Mesures coercitives : le juge des référés peut ordonner la fermeture totale ou partielle de l’établissement pour assurer l’exécution des mesures.
  • Sanctions en cas de non‑respect : amende de 18 000 € pour le défaut de présentation ou d’exécution dans les délais, plus les peines complémentaires prévues à l’article L.4741‑14.

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