Code du Travail

Article L5122-1 : Explication et Exemple

Comprendre le droit du travail simplement.

Texte Officiel
"I.-Les salariés sont placés en position d'activité partielle, après autorisation expresse ou implicite de l'autorité administrative, s'ils subissent une perte de rémunération imputable : -soit à la fermeture temporaire de leur établissement ou partie d'établissement ; -soit à la réduction de l'horaire de travail pratiqué dans l'établissement ou partie d'établissement en deçà de la durée légale de travail. En cas de réduction collective de l'horaire de travail, les salariés peuvent être placés en position d'activité partielle individuellement et alternativement. II.-Les salariés reçoivent une indemnité horaire, versée par leur employeur, correspondant à une part de leur rémunération antérieure dont le pourcentage est fixé par décret en Conseil d'Etat. L'employeur perçoit une allocation financée conjointement par l'Etat et l'organisme gestionnaire du régime d'assurance chômage. Une convention conclue entre l'Etat et cet organisme détermine les modalités de financement de cette allocation. Le contrat de travail des salariés placés en activité partielle est suspendu pendant les périodes où ils ne sont pas en activité. III.-L'autorité administrative peut définir des engagements spécifiquement souscrits par l'employeur en contrepartie de l'allocation qui lui est versée, en tenant compte des stipulations de l'accord collectif d'entreprise relatif à l'activité partielle, lorsqu'un tel accord existe. Un décret en Conseil d'Etat fixe les modalités selon lesquelles sont souscrits ces engagements. IV.-Sont prescrites, au profit de l'Etat et de l'organisme gestionnaire de l'assurance chômage, les créances constituées au titre de l'allocation mentionnée au II pour lesquelles l'employeur n'a pas déposé de demande de versement auprès de l'autorité administrative dans un délai de six mois à compter du terme de la période couverte par l'autorisation de recours à l'activité partielle. Les employeurs ayant mis en place un dispositif d'aménagement du temps de travail sur une période de référence supérieure au délai mentionné au premier alinéa du présent IV peuvent régulariser les demandes d'indemnisation correspondant à la période couverte par l'autorisation de recours à l'activité partielle dans un délai de six mois à compter de l'expiration du délai mentionné au même premier alinéa. V.-Les employeurs mentionnés à l'article L. 5424-1 peuvent placer en position d'activité partielle, dans les conditions prévues au présent chapitre, leurs salariés de droit privé pour lesquels ils ont adhéré au régime d'assurance chômage en application de l'article L. 5424-2 , dès lors qu'ils exercent à titre principal une activité industrielle et commerciale dont le produit constitue la part majoritaire de leurs ressources. Ces employeurs bénéficient d'une allocation d'activité partielle selon les modalités prévues au présent chapitre. VI.-Les salariés mentionnés à l'article L. 243-1-2 du code de la sécurité sociale qui sont employés par une entreprise ne comportant pas d'établissement en France peuvent être placés en position d'activité partielle lorsque l'employeur est soumis, pour ces salariés, aux contributions et cotisations sociales d'origine légale ou conventionnelle et aux obligations d'assurance contre le risque de privation d'emploi au titre de la législation française. Ces employeurs bénéficient d'une allocation d'activité partielle selon les modalités prévues au présent chapitre."

L'Explication Prémisse

En termes simples

L'article organise le dispositif d'activité partielle (anciennement "chômage partiel"). Un salarié est placé en activité partielle quand, après autorisation de l'administration (expresse ou tacite), il subit une perte de salaire liée à la fermeture temporaire d'un établissement ou à une réduction de l'horaire de travail en dessous de la durée légale. Pendant les heures chômées le contrat de travail est suspendu et l'employeur verse une indemnité horaire correspondante à une partie du salaire (pourcentage fixé par décret). L'employeur peut ensuite demander une allocation remboursée par l'Etat et l'organisme gestionnaire de l'assurance chômage, sous réserve d'engagements éventuels et de respect des délais de demande de remboursement.

Exemple Concret

Exemple concret : Une PME de production subit une baisse de commandes pendant 3 mois. L'employeur réduit collectivement le temps de travail de ses 40 salariés à 3 jours par semaine et dépose une demande d'autorisation d'activité partielle auprès de l'administration. L'administration ne répond pas dans le délai prévu : l'autorisation est donc obtenue tacitement. Pendant les journées non travaillées, le contrat de travail des salariés est suspendu et l'employeur leur verse l'indemnité horaire prévue. L'entreprise adresse ensuite la demande de versement de l'allocation pour compenser tout ou partie de ces indemnités. En contrepartie, l'administration peut exiger des engagements (ex. maintien dans l'emploi, formation). Si l'employeur n'avait pas demandé l'allocation dans les six mois suivant la période autorisée, la créance serait prescrite et non recouvrable.

Points Clés à Retenir
  • Conditions d'ouverture : fermeture temporaire ou réduction de l'horaire en deçà de la durée légale.
  • Autorisation administrative : nécessaire et peut être expresse ou implicite (silence valant autorisation dans certains cas).
  • Placement individuel possible même en cas de réduction collective ; possibilité d'alternance entre salariés.
  • Indemnité : versée par l'employeur aux salariés pour les heures non travaillées ; le pourcentage de la rémunération indemnisée est fixé par décret.
  • Allocation : l'employeur perçoit une allocation financée conjointement par l'État et l'organisme gestionnaire de l'assurance chômage pour compenser les indemnités versées.
  • Suspension du contrat : pendant les périodes non travaillées, le contrat de travail est suspendu (mais non rompu).
  • Engagements : l'administration peut imposer des engagements à l'employeur en contrepartie du bénéfice de l'allocation (ex. maintien de l'emploi, actions de formation), modalités précisées par décret.
  • Prescription : l'employeur dispose de six mois à compter du terme de la période autorisée pour déposer sa demande de versement de l'allocation, faute de quoi la créance est prescrite.
  • Cas particuliers : dispositions étendues à certains employeurs (article L.5424-1) et à des salariés employés par une entreprise sans établissement en France mais assujettie à la législation sociale française (art. L.243-1-2).
  • Rôle de l'accord d'entreprise : lorsqu'il existe, l'accord collectif relatif à l'activité partielle est pris en compte pour définir les engagements demandés à l'employeur.

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