Code du Travail

Article L6222-42 : Explication et Exemple

Comprendre le droit du travail simplement.

Texte Officiel
"I.-Le contrat d'apprentissage peut être exécuté en partie à l'étranger pour une durée qui ne peut excéder un an ni la moitié de la durée totale du contrat. Pendant la période de mobilité à l'étranger, les dispositions de l'article L. 6211-2 ne s'appliquent pas. II.-Par dérogation à l'article L. 6221-1 et au second alinéa de l'article L. 6222-4 , les conditions de mise en œuvre de la mobilité de l'apprenti à l'étranger sont prévues par une convention conclue entre les parties au contrat d'apprentissage, le centre de formation d'apprentis en France et la structure ou, le cas échéant, les structures d'accueil à l'étranger. La convention prévoit que la mobilité est réalisée dans les conditions suivantes : 1° Soit dans le cadre d'une mise en veille du contrat. Dans ce cas, la structure d'accueil à l'étranger est seule responsable des conditions d'exécution du travail de l'apprenti, telles qu'elles sont déterminées par les dispositions légales et les stipulations conventionnelles en vigueur dans l'Etat d'accueil, notamment pour ce qui a trait à la santé et à la sécurité au travail, à la rémunération, à la durée du travail, au repos hebdomadaire et aux jours fériés. Pendant la période de mobilité dans ou hors de l'Union européenne, l'apprenti relève de la sécurité sociale de l'Etat d'accueil, sauf lorsqu'il ne bénéficie pas du statut de salarié ou assimilé dans cet Etat. Dans ce cas, sa couverture sociale est régie par le code de la sécurité sociale pour ce qui concerne les risques maladie, vieillesse, maternité, accidents du travail et maladies professionnelles et invalidité. Cette couverture est assurée en dehors de l'Union européenne, sous réserve des dispositions des règlements européens et des conventions internationales de sécurité sociale, par une adhésion à une assurance volontaire. Par dérogation au premier alinéa du présent II, les conditions de mise en œuvre de la mobilité de l'apprenti à l'étranger, lorsqu'elle est effectuée en entreprise, peuvent être prévues par une convention conclue entre les parties au contrat d'apprentissage et le centre de formation d'apprentis en France lorsqu'il est établi que l'apprenti bénéficie, conformément aux engagements pris par l'employeur de l'Etat d'accueil, de garanties, notamment en termes d'organisation de la mobilité et de conditions d'accueil, équivalentes à celles dont il aurait bénéficié en application de la convention conclue sur le fondement du même premier alinéa. La liste de ces garanties est fixée par voie réglementaire ; 2° Soit dans le cadre d'une mise à disposition de l'apprenti auprès de la structure d'accueil à l'étranger. III.-Par dérogation au premier alinéa du II du présent article, lorsque la mobilité se déroule dans un organisme de formation d'accueil établi dans ou hors de l'Union européenne avec lequel le centre de formation d'apprentis français ou l'une des structures mentionnées aux articles L. 6232-1 ou L. 6233-1 a conclu une convention de partenariat, la convention organisant la mobilité peut être conclue entre l'apprenti, l'employeur en France et le centre de formation d'apprentis français."

L'Explication Prémisse

En termes simples

Cet article permet à un apprenti d’effectuer une partie de son contrat à l’étranger, mais sous conditions strictes : la mobilité ne doit ni dépasser un an, ni dépasser la moitié de la durée totale du contrat. Pour partir, les parties (employeur, apprenti), le centre de formation et la structure d’accueil étrangère doivent conclure une convention qui organise la période à l’étranger et précise qui assume quelles responsabilités. Deux formules existent : la « mise en veille » (suspension du contrat français : la structure d’accueil applique les règles locales et prend la responsabilité) ou la « mise à disposition » (l’apprenti est placé auprès de la structure d’accueil selon les modalités de la convention). Les règles de protection sociale varient selon que l’apprenti est salarié dans l’État d’accueil et selon qu’il est dans l’UE ou hors UE ; des assurances peuvent être nécessaires. Pendant la mobilité, certaines dispositions françaises (article L.6211-2) ne s’appliquent pas.

Exemple Concret

Exemple concret : Marie est en contrat d’apprentissage de 2 ans (24 mois) dans une PME française. Son CFA et l’employeur organisent une mobilité de 6 mois dans une entreprise partenaire en Allemagne. Ils signent une convention précisant que la période sera une « mise en veille » : pendant ces 6 mois, l’entreprise allemande est responsable des conditions de travail (santé/sécurité, durée du travail, rémunération selon le droit allemand). Marie relève du régime de sécurité sociale allemand pendant sa mobilité. Le CFA garde un rôle de suivi pédagogique et la convention détaille l’organisation, les objectifs de formation et les garanties d’accueil.

Points Clés à Retenir
  • Durée limitée : la mobilité ne peut excéder ni 1 an, ni la moitié de la durée totale du contrat (il faut respecter les deux limites).
  • Convention obligatoire : la mobilité doit être encadrée par une convention entre l’apprenti, l’employeur, le CFA et la/les structures d’accueil étrangères (sauf cas prévus en III).
  • Deux modalités : • Mise en veille (suspension du contrat) : la structure d’accueil étrangère assume la responsabilité des conditions de travail et les règles locales s’appliquent. • Mise à disposition : l’apprenti est placé auprès de la structure d’accueil selon la convention.
  • Responsabilité et droit applicable en mise en veille : les dispositions légales et conventionnelles de l’État d’accueil régissent santé/sécurité, rémunération, durée du travail, repos et jours fériés.
  • Protection sociale : en général l’apprenti relève de la sécurité sociale de l’État d’accueil s’il bénéficie du statut salarié dans cet État ; s’il n’est pas salarié, sa couverture est régie par le code de la sécurité sociale français pour certains risques. Hors UE, une assurance volontaire peut être nécessaire, sous réserve des règlements européens et conventions internationales.
  • Dérogation possible : lorsque l’entreprise d’accueil s’engage à fournir des garanties équivalentes, la convention peut être simplifiée entre les parties françaises (liste des garanties fixée par décret).
  • Cas particulier (III) : si la mobilité a lieu dans un organisme de formation partenaire (en France ou à l’étranger), la convention peut être conclue directement entre l’apprenti, l’employeur français et le CFA, sans inclure une structure d’accueil étrangère.
  • Effet sur d’autres dispositions : pendant la période de mobilité, les dispositions de l’article L.6211-2 ne s’appliquent pas (attention aux conséquences pratiques selon le contenu de cet article).
  • Obligation de formalisme et de suivi : la convention doit préciser l’organisation, les responsabilités, la durée, les conditions d’accueil et les modalités de couverture sociale afin de protéger l’apprenti et sécuriser la mobilité.
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