L'Explication Prémisse
Cet article instaure, pour les entreprises d’au moins 250 salariés redevables de la taxe d’apprentissage, une contribution supplémentaire si elles n’emploient pas suffisamment d’apprentis ou d’alternants. On calcule un « quotient » = (apprentis + contrats de professionnalisation + bénéficiaires de CIFRE, et pendant l’année suivant la fin du contrat les salariés embauchés en CDI à l’issue du contrat) ÷ effectif annuel total. Si ce quotient est inférieur à 5 % sur l’année de référence, l’entreprise paie une contribution supplémentaire assise sur la même base que la taxe d’apprentissage. Le taux varie selon le niveau du quotient (de 0,4 % à 0,05 %, avec majoration si l’entreprise dépasse 2 000 salariés) et il existe des exonérations, des dérogations pour l’intérim et des réductions particulières pour certains établissements (52 % des taux). La contribution est déclarée et payée en un versement unique complémentaire en mars de l’année suivant celle de référence.
Exemple concret : Une entreprise X a 400 salariés sur l’année N. Elle emploie 10 apprentis, 4 salariés en contrat de professionnalisation et 1 personne en CIFRE = numérateur 15. Quotient = 15 / 400 = 3,75 %. Comme le quotient est compris entre 3 % et 5 %, le taux applicable est 0,05 %. Si l’assiette (les rémunérations retenues pour la taxe d’apprentissage) est de 8 000 000 € pour l’année N, la contribution due est 8 000 000 × 0,0005 = 4 000 €. L’entreprise doit déclarer cette somme et la verser en un paiement complémentaire en mars de l’année N+1. Si, au contraire, X avait atteint au moins 3 % et que la part des alternants avait progressé d’au moins 10 % par rapport à N−1, elle aurait pu être exonérée pour l’année en cause.
- Champ d’application : entreprises d’au moins 250 salariés redevables de la taxe d’apprentissage (article L.6241-1).
- Calcul du quotient : (apprentis + contrats de professionnalisation + bénéficiaires de CIFRE + les salariés embauchés en CDI dans l’année suivant la fin du contrat) ÷ effectif annuel total.
- Seuil déclencheur : contribution due si quotient < 5 % sur l’année de référence.
- Taux variables : 0,4 % si quotient < 1 % (0,6 % si effectif > 2 000), 0,2 % si quotient ≥ 1 % et < 2 %, 0,1 % si ≥ 2 % et < 3 %, 0,05 % si ≥ 3 % et < 5 %.
- Exonération particulière : si la part d’alternants ≥ 3 % et a augmenté d’au moins 10 % par rapport à l’année précédente, l’entreprise est exonérée pour l’année de la progression.
- Assiette : mêmes rémunérations retenues pour la taxe d’apprentissage (article L.6241-1-1).
- Modalités d’appréciation de l’effectif : selon L.130-1 du code de la sécurité sociale, en retenant l’année concernée ; franchissement des seuils 250/2 000 appliqué selon les règles de L.130-1.
- Cas des entreprises de travail temporaire : seuil de 250 salariés apprécié hors intérimaires en contrat de mission ; contribution non due sur les rémunérations de ces intérimaires.
- Groupements d’employeurs (GEIQ) : les alternants mis à disposition sont pris en compte par l’entreprise utilisatrice pour le calcul du seuil.
- Modalités administratives : arrondissements selon L.133-10 CSS ; recouvrement selon L.6131-3 du Code du travail ; paiement en un versement complémentaire en mars de l’année suivant celle au titre de laquelle la contribution est due.
- Réduction spécifique : pour certains établissements visés à l’article 6241-1-1, les taux sont réduits à 52 % de leur montant.
- Conséquences pratiques : importance de suivre précisément le nombre d’alternants, d’anticiper l’impact sur la contribution et d’archiver les justificatifs (recrutements en CDI après contrat, conventions CIFRE, évolution annuelle).