L'Explication Prémisse
L'article impose à l'employeur d'organiser un « entretien de parcours professionnel » : le salarié est informé dès l'embauche qu'il aura cet entretien durant la première année, puis tous les quatre ans tant qu'il reste dans l'entreprise. Cet entretien, réalisé pendant le temps de travail par un responsable ou un représentant de la direction, porte sur les compétences, l'évolution des métiers, les besoins de formation, les souhaits d'évolution et l'utilisation du compte personnel de formation (CPF). Il ne s'agit pas d'une évaluation du travail. L'entretien donne lieu à un document écrit remis au salarié et peut déboucher sur des formations, une reconversion, un bilan de compétences ou une VAE. Tous les huit ans l'employeur réalise un état des lieux récapitulatif du parcours (actions de formation, certifications, progression), qui peut entraîner un abondement du CPF si les obligations n'ont pas été respectées dans les entreprises d'au moins 50 salariés. Des règles particulières s'appliquent au retour de certains congés, à l'articulation avec la visite médicale de mi-carrière et au suivi des salariés proches de la retraite.
Exemple concret : Sophie est embauchée le 1er mars. Lors de son recrutement, l'employeur lui indique qu'elle bénéficiera d'un entretien de parcours pendant sa première année. Neuf mois après son arrivée, son manager organise l'entretien pendant le temps de travail : ils font le point sur ses compétences actuelles, les évolutions possibles du poste liées à la digitalisation, son souhait d'accéder à un poste de chef de projet et ses besoins de formation. Le manager informe Sophie du fonctionnement de son CPF et des possibilités d'abondement par l'entreprise. Un document récapitulatif est rédigé et remis à Sophie. Trois ans plus tard, Sophie prend un congé parental ; à son retour l'entreprise lui propose systématiquement un nouvel entretien (elle n'en avait pas eu dans les 12 derniers mois) et, au bout de huit ans d'ancienneté, l'employeur réalise un état des lieux récapitulatif qui confirme qu'elle a suivi une formation certifiante et progressé professionnellement.
- Information dès l'embauche : le salarié est informé qu'il bénéficiera d'un entretien durant la première année.
- Fréquence générale : entretien durant la 1re année puis tous les 4 ans tant que le salarié reste dans l'entreprise.
- Contenu obligatoire : compétences et qualifications mobilisées, situation et parcours professionnels, besoins de formation, souhaits d'évolution, activation et abondements du CPF et conseil en évolution professionnelle.
- Finalité : peut déboucher sur reconversion interne/externe, projet de transition professionnelle, bilan de compétences, VAE ; ce n'est pas une évaluation du travail.
- Organisation : organisé par l'employeur, réalisé par un supérieur hiérarchique ou un représentant de la direction, pendant le temps de travail.
- Document écrit : l'entretien donne lieu à un document écrit dont une copie est remise au salarié.
- Situations de retour : entretien proposé systématiquement au retour de certains congés (maternité, parental, adoption, sabbatique, congé de proche aidant, longue maladie, mandat syndical, etc.) si pas d'entretien dans les 12 mois précédant la reprise ; peut être demandé avant la reprise.
- Accompagnement : dans les entreprises <300 salariés, le salarié peut bénéficier d'un conseil en évolution professionnelle pour préparer l'entretien ; l'employeur peut recevoir un conseil de proximité ou être accompagné par un organisme externe si prévu par accord.
- État des lieux tous les 8 ans : vérifie que le salarié a bénéficié des entretiens et a suivi au moins une action de formation, acquis des certifications ou progressé salarialement/professionnellement.
- Sanction/mesure : dans les entreprises ≥50 salariés, si le salarié n'a pas eu les entretiens et au moins une formation (hors actions visées à L.6321-2) sur 8 ans, le compte personnel de formation du salarié est abondé selon L.6323-13.
- Adaptation à la santé et fin de carrière : l'entretien est organisé dans les 2 mois suivant la visite médicale de mi-carrière ; l'employeur n'a pas accès aux données de santé mais les mesures du médecin du travail sont évoquées ; pour les salariés proches de 60 ans, l'entretien aborde le maintien dans l'emploi et les aménagements de fin de carrière.
- Accords collectifs : un accord d'entreprise ou de branche peut définir objectifs, critères d'abondement CPF, modalités différentes d'appréciation du parcours et une périodicité inférieure à 4 ans mais jamais supérieure.