L'Explication Prémisse
L'article L6315-1 impose à l'employeur d'informer le salarié, dès l'embauche, qu'il bénéficiera d'un entretien de parcours professionnel dans l'année qui suit son arrivée, puis tous les quatre ans pendant son maintien dans l'entreprise. Cet entretien, réalisé pendant le temps de travail par un responsable, n'est pas une évaluation de performance : il vise à faire le point sur les compétences, le parcours, les besoins de formation et les souhaits d'évolution du salarié, et peut déboucher sur une reconversion, un bilan de compétences, une VAE ou l'activation/abondement du compte personnel de formation (CPF). Un état des lieux récapitulatif a lieu tous les huit ans pour vérifier si le salarié a eu des entretiens et au moins une action de formation, avec, dans les entreprises d'au moins 50 salariés, un abondement du CPF si ces conditions ne sont pas remplies. L'entretien donne lieu à un document écrit remis au salarié et des aménagements spécifiques s'appliquent notamment après certains congés, à mi-carrière et pour la fin de carrière.
Exemple concret : À son embauche, Julie est informée qu'elle aura un entretien de parcours dans sa première année. Neuf mois après, son manager organise cet entretien (pendant le temps de travail) : ils passent en revue ses compétences, les évolutions possibles du poste liées à la digitalisation de l'activité, ses besoins en formation (CPF, bilan de compétences) et son souhait de viser un poste de cheffe de projet. Un compte‑rendu écrit est établi et remis à Julie. Deux ans plus tard, à son retour de congé maternité, l'entreprise lui propose de nouveau un entretien (elle n'en avait pas eu dans les 12 mois précédents). Huit ans après l'embauche, le service RH réalise l'état des lieux récapitulatif : si l'entreprise de 80 salariés constate que Julie n'a pas eu d'entretien et n'a suivi aucune formation « non obligatoire » au cours des huit années, son CPF sera abondé conformément aux dispositions prévues par l'article L.6323-13.
- Information dès l'embauche : notification qu'un entretien aura lieu dans la première année.
- Périodicité : entretien de parcours tous les 4 ans tant que le salarié reste dans l'entreprise.
- Objets de l'entretien : compétences, parcours professionnel, besoins de formation, souhaits d'évolution, activation/abondement du CPF et conseil en évolution professionnelle.
- L'entretien n'est pas une évaluation du travail ni un entretien d'appréciation.
- Organisation : par l'employeur, réalisé par un supérieur hiérarchique ou un représentant de la direction, et réalisé pendant le temps de travail.
- Document écrit : rédaction d'un compte‑rendu remis au salarié à l'issue de l'entretien.
- Entretiens systématiques après certains congés (maternité, parental, adoption, sabbatique, congé proche aidant, longue maladie, mandat syndical, reprise après activité à temps partiel, mobilité volontaire sécurisée) si aucun entretien n'a eu lieu dans les 12 mois précédant la reprise.
- Accompagnement : dans les entreprises < 300 salariés, le salarié peut bénéficier d'un conseil en évolution professionnelle ; l'employeur peut solliciter l'OPCO dont il dépend ou un organisme externe si un accord le prévoit.
- État des lieux tous les 8 ans : vérifie que le salarié a eu les entretiens et au moins une action de formation, une certification (formation ou VAE) ou une progression salariale/professionnelle.
- Conséquence dans les entreprises ≥ 50 salariés : en l'absence des entretiens et d'au moins une formation (autre que celles visées à L.6321-2) sur 8 ans, le CPF du salarié est abondé selon L.6323-13.
- Possibilité d'accord collectif : un accord d'entreprise ou de branche peut préciser cadre, objectifs, abondements CPF, modalités d'appréciation et périodicité (mais pas plus de 4 ans).
- Lien avec la médecine du travail : l'entretien doit être organisé dans les deux mois suivant la visite de mi‑carrière ; l'employeur n'a pas accès aux données de santé mais évoque, le cas échéant, les mesures préconisées par le médecin du travail.
- Fin de carrière : lors du premier entretien intervenant dans les deux ans précédant les 60 ans, on aborde le maintien dans l'emploi et les aménagements possibles (passage à temps partiel, retraite progressive).