Code du Travail

Article L6325-25 : Explication et Exemple

Comprendre le droit du travail simplement.

Texte Officiel
"I.-Le contrat de professionnalisation peut être exécuté en partie à l'étranger pour une durée qui ne peut excéder un an ni la moitié de la durée totale du contrat. La durée du contrat peut être portée à vingt-quatre mois. Pendant la période de mobilité à l'étranger, l'article L. 6325-13 ne s'applique pas. II.-Les conditions de mise en œuvre de la mobilité du bénéficiaire du contrat de professionnalisation à l'étranger sont prévues par une convention conclue entre les parties au contrat de professionnalisation, l'organisme de formation en France et la structure ou, le cas échéant, les structures d'accueil à l'étranger. La convention prévoit que la mobilité est réalisée dans les conditions suivantes : 1° Soit dans le cadre d'une mise en veille du contrat. Dans ce cas, la structure d'accueil à l'étranger est seule responsable des conditions d'exécution du travail du bénéficiaire du contrat de professionnalisation, telles qu'elles sont déterminées par les dispositions légales et les stipulations conventionnelles en vigueur dans l'Etat d'accueil, notamment pour ce qui a trait à la santé et à la sécurité au travail, à la rémunération, à la durée du travail, au repos hebdomadaire et aux jours fériés. Pendant la période de mobilité dans ou hors de l'Union européenne, le bénéficiaire du contrat de professionnalisation relève de la sécurité sociale de l'Etat d'accueil, sauf lorsqu'il ne bénéficie pas du statut de salarié ou assimilé dans cet Etat. Dans ce cas, sa couverture sociale est régie par le code de la sécurité sociale pour ce qui concerne les risques maladie, vieillesse, maternité, accidents du travail et maladies professionnelles et invalidité. Cette couverture est assurée en dehors de l'Union européenne, sous réserve des dispositions des règlements européens et des conventions internationales de sécurité sociale, par une adhésion à une assurance volontaire. Par dérogation au premier alinéa du présent II, les conditions de mise en œuvre de la mobilité du bénéficiaire du contrat de professionnalisation à l'étranger, lorsqu'elle est effectuée en entreprise, peuvent être prévues par une convention conclue entre les parties au contrat de professionnalisation et l'organisme de formation en France lorsqu'il est établi que le bénéficiaire dudit contrat bénéficie, conformément aux engagements pris par l'employeur de l'Etat d'accueil, de garanties, notamment en termes d'organisation de la mobilité et de conditions d'accueil, équivalentes à celles dont il aurait bénéficié en application de la convention conclue sur le fondement du même premier alinéa. La liste de ces garanties est fixée par voie réglementaire ; 2° Soit dans le cadre d'une mise à disposition du bénéficiaire du contrat de professionnalisation auprès de la structure d'accueil à l'étranger. III.-Par dérogation au premier alinéa du II du présent article, lorsque la mobilité se déroule dans un organisme de formation d'accueil établi dans ou hors de l'Union européenne avec lequel l'organisme de formation français ou toute structure chargée de la mise en œuvre de tout ou partie des enseignements généraux professionnels et technologiques du contrat de professionnalisation a conclu une convention de partenariat, la convention organisant la mobilité peut être conclue entre le bénéficiaire du contrat de professionnalisation, l'employeur en France et l'organisme de formation français."

L'Explication Prémisse

En termes simples

Le contrat de professionnalisation peut inclure une période de travail ou de formation à l'étranger, mais cette mobilité a des limites et des règles précises : elle ne peut pas durer plus d'un an ni représenter plus de la moitié de la durée totale du contrat. Le contrat peut, si besoin, être prolongé jusqu'à 24 mois. Avant de partir, les parties (employeur, salarié, organisme de formation français et la/les structures d'accueil à l'étranger) doivent signer une convention qui organise la mobilité (responsabilités, conditions de travail, protection sociale, organisation de la formation). Deux modalités existent : la “mise en veille” (le contrat est suspendu et la structure d'accueil applique son droit social et sa sécurité sociale) ou la “mise à disposition” (le bénéficiaire est affecté à l'étranger mais des règles particulières s'appliquent). Des dérogations permettent, pour certaines mobilités en organisme de formation partenaire, de simplifier la convention entre l'employeur, le bénéficiaire et l'organisme de formation français.

Exemple Concret

Exemple concret : Une PME française embauche Marie en contrat de professionnalisation de 12 mois pour devenir technicienne qualité. L'employeur et l'organisme de formation conviennent d'une mobilité de 6 mois dans une filiale en Espagne (cette durée correspond à la moitié du contrat et reste inférieure à 1 an). Avant le départ, ils signent une convention précisant : dates et durée de la mobilité, répartition des responsabilités en matière de santé/sécurité, modalités de la formation, et couverture sociale. En Espagne, Marie a le statut de salariée de la filiale : la filiale est responsable des conditions de travail et Marie relève du régime espagnol de sécurité sociale pendant la mobilité. À son retour en France, elle reprend sa formation et son contrat initial.

Points Clés à Retenir
  • Durée maximale de la mobilité : 1 an et au maximum la moitié de la durée totale du contrat.
  • Durée totale du contrat : peut être portée jusqu'à 24 mois pour permettre ou encadrer la mobilité.
  • Obligation de conclure une convention organisant la mobilité entre les parties, l'organisme de formation français et la/les structures d'accueil à l'étranger.
  • Deux modalités de mobilité : mise en veille (suspension du contrat et responsabilité de la structure d'accueil pour les conditions de travail selon le droit local) ou mise à disposition (affectation auprès de la structure d'accueil).
  • Pendant la mise en veille, le bénéficiaire relève en principe de la sécurité sociale de l'État d'accueil lorsqu'il bénéficie du statut salarial dans cet État ; si ce n'est pas le cas, la couverture est régie par le Code de la sécurité sociale français pour certains risques, et hors UE une assurance volontaire peut être nécessaire sous réserve des conventions internationales.
  • Possibilité de simplifier la convention si l'employeur d'accueil garantit des conditions équivalentes à celles prévues par la convention-type (liste des garanties fixée par voie réglementaire).
  • Si la mobilité se déroule dans un organisme de formation à l'étranger ayant une convention de partenariat avec l'organisme de formation français, la convention peut être conclue entre le bénéficiaire, l'employeur en France et l'organisme de formation français (sans signature de l'organisme d'accueil).
  • Pendant la période de mobilité, l'article L.6325-13 ne s'applique pas (les modalités particulières prévues par cet article sont écartées pour la période de mobilité).

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