Code du Travail

Article L8222-5 : Explication et Exemple

Comprendre le droit du travail simplement.

Texte Officiel
"Le maître de l'ouvrage ou le donneur d'ordre, informé par écrit par un agent de contrôle mentionné à l'article L. 8271-7 ou par un syndicat ou une association professionnels ou une institution représentative du personnel, de l'intervention du cocontractant, d'un sous-traitant ou d'un subdélégataire en situation irrégulière au regard des formalités mentionnées aux articles L. 8221-3 et L. 8221-5 enjoint aussitôt à son cocontractant de faire cesser sans délai cette situation. A défaut, il est tenu solidairement avec son cocontractant au paiement des impôts, taxes, cotisations, rémunérations et charges mentionnés aux 1° à 3° de l'article L. 8222-2 , dans les conditions fixées à l'article L. 8222-3 . Les dispositions du présent article ne s'appliquent pas au particulier qui contracte pour son usage personnel, celui de son conjoint, partenaire lié par un pacte civil de solidarité, concubin, de ses ascendants ou descendants."

L'Explication Prémisse

En termes simples

Si le maître d'ouvrage ou le donneur d'ordre reçoit, par écrit, l'information d'un inspecteur du travail, d'un syndicat, d'une association professionnelle ou d'une instance représentative du personnel que son cocontractant, un sous‑traitant ou un subdélégataire ne respecte pas certaines formalités liées à la régularité de l'emploi (celles visées aux articles L.8221‑3 et L.8221‑5), il doit immédiatement enjoindre par écrit à ce cocontractant de faire cesser la situation. S'il ne le fait pas ou si le cocontractant n'agit pas, le maître d'ouvrage devient solidairement responsable avec ce cocontractant du paiement des impôts, taxes, cotisations, rémunérations et charges visés par la loi, selon les modalités prévues à l'article L.8222‑3. La règle ne s'applique pas quand le donneur d'ordre est un particulier qui contracte pour un usage strictement personnel ou familial.

Exemple Concret

Une entreprise générale du bâtiment confie des travaux à une entreprise de second œuvre. L'inspecteur du travail écrit au maître d'ouvrage pour l'informer que l'entreprise sous‑traitante n'a pas effectué les déclarations préalables obligatoires et emploie des salariés sans papiers. Le maître d'ouvrage enjoint aussitôt par écrit à la sous‑traitante de régulariser la situation. Si la sous‑traitante ne remédie pas au manquement, le maître d'ouvrage peut être tenu solidairement responsable des salaires non payés et des cotisations sociales et taxes correspondantes, et pourra ensuite agir en répétition contre la sous‑traitante pour obtenir le remboursement.

Points Clés à Retenir
  • L'information doit être écrite et peut provenir d'un agent de contrôle, d'un syndicat, d'une association professionnelle ou d'une instance représentative du personnel.
  • L'obligation du maître d'ouvrage est d'enjoindre immédiatement son cocontractant de faire cesser la situation irrégulière.
  • En l'absence de régularisation, le maître d'ouvrage est tenu solidairement avec le cocontractant du paiement des impôts, taxes, cotisations, rémunérations et charges visés aux 1° à 3° de l'article L.8222‑2.
  • Les conditions et modalités de mise en œuvre de cette solidarité sont précisées à l'article L.8222‑3 (procédure, délais, garanties).
  • La solidarité vise les cocontractants, sous‑traitants et subdélégataires impliqués dans l'exécution du marché.
  • Le maître d'ouvrage dispose d'un recours récursoire possible contre le cocontractant pour obtenir le remboursement des sommes payées à sa place.
  • L'article exclut les particuliers qui contractent pour un usage strictement personnel ou familial (conjoint, PACS, concubin, ascendants, descendants).
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