L'Explication Prémisse
Le prêt de main-d'œuvre à but non lucratif permet à une entreprise (prêteuse) de mettre temporairement un salarié à la disposition d’une autre entreprise (utilisatrice) sans but commercial. Il faut le consentement du salarié, une convention écrite entre les deux entreprises et un avenant au contrat de travail signé par le salarié qui précise durée, tâches, horaires et lieu. Pendant la mise à disposition, le contrat avec l’entreprise prêteuse reste en vigueur : le salarié conserve son statut, sa protection sociale et les avantages conventionnels, et retrouve à l'issue son poste ou un poste équivalent sans perte de carrière ni de rémunération ; il ne peut être sanctionné pour avoir refusé la mise à disposition. Les comités sociaux et économiques doivent être informés ou consultés avant la mise en œuvre, et des règles particulières s’appliquent si le prêt modifie un élément essentiel du contrat (période probatoire obligatoire).
Une société de services informatiques (entreprise prêteuse) prête pour trois mois un technicien support à une PME cliente (entreprise utilisatrice) qui a besoin de renfort sur un projet. Avant le départ, le salarié donne son accord, les deux entreprises signent une convention de mise à disposition précisant la durée, l'identité du salarié, la qualification et la façon dont la rémunération et les charges seront facturées ; le salarié signe un avenant indiquant ses nouvelles missions, les horaires et le lieu d'exécution. Le CSE de chaque entreprise est consulté/informé. Pendant les trois mois, le technicien reste employé par la société de services (il continue d’appliquer sa convention collective) et bénéficie des installations (cantine, transports) de la PME utilisatrice ; à la fin, il retrouve son poste ou un poste équivalent sans perte d’ancienneté ni de salaire.
- Consentement écrit du salarié requis avant toute mise à disposition.
- Convention écrite obligatoire entre entreprise prêteuse et entreprise utilisatrice précisant durée, identité et qualification du salarié et mode de facturation des salaires/charges/frais.
- Avenant au contrat de travail signé par le salarié précisant tâches, horaires, lieu et caractéristiques particulières du poste.
- Le contrat de travail n’est ni rompu ni suspendu : le salarié reste dans le personnel de l’entreprise prêteuse et conserve ses droits conventionnels et sociaux.
- A l’issue du prêt, retour au poste initial ou à un poste équivalent sans atteinte à l’évolution de carrière ou à la rémunération.
- Accès aux installations et moyens de transport collectifs de l’entreprise utilisatrice pendant la mise à disposition.
- Interdiction de sanction, licenciement ou discrimination pour refus du salarié de participer au prêt.
- Protection renforcée : la mise à disposition ne peut diminuer la protection d’un salarié titulaire d’un mandat représentatif.
- Obligations d’information/consultation du comité social et économique (CSE) de l’entreprise prêteuse et de celle utilisatrice avant mise en œuvre ; information spécifique si le poste présente des risques particuliers.
- Possibilité d’une période probatoire pour le prêt ; obligatoire si l’opération modifie un élément essentiel du contrat ; rupture pendant la période probatoire ne peut constituer motif de sanction/licenciement sauf faute grave.