Code du Travail

Article L8254-2 : Explication et Exemple

Comprendre le droit du travail simplement.

Texte Officiel
"La personne qui méconnaît l'article L. 8254-1 est tenue solidairement avec son cocontractant, sans préjudice de l'application des articles L. 8222-1 à L. 8222-6 , au paiement : 1° Du salaire et des accessoires de celui-ci dus à l'étranger non autorisé à travailler, conformément au 1° de l'article L. 8252-2 ; 2° Des indemnités versées au titre de la rupture de la relation de travail, en application soit du 2° de l'article L. 8252-2, soit des articles L. 1234-5 , L. 1234-9 , L. 1243-4 et L. 1243-8 ou des stipulations contractuelles, lorsque celles-ci conduisent à une solution plus favorable pour le salarié ; 3° De tous les frais d'envoi des rémunérations impayées vers le pays dans lequel l'étranger est parti volontairement ou a été reconduit, mentionnés au 3° de l'article L. 8252-2 ; 4° De l'amende administrative prévue à l'article L. 8253-1 du présent code."

L'Explication Prémisse

En termes simples

Cet article dit qu’une personne qui enfreint l’article L.8254-1 (par exemple en ayant des relations contractuelles avec quelqu’un qui emploie un étranger non autorisé à travailler) devient solidairement responsable avec son cocontractant. Concrètement, cela signifie que les deux parties peuvent être tenues ensemble au paiement des salaires dus à l’étranger illégalement employé, des indemnités de rupture (statutaires ou contractuelles si elles sont plus favorables au salarié), des frais d’envoi des rémunérations non payées vers le pays de départ ou de reconduite, et de l’amende administrative prévue par l’article L.8253-1. Cette solidarité s’impose sans préjudice d’autres sanctions prévues par le Code du travail (articles L.8222-1 à L.8222-6).

Exemple Concret

Une entreprise de bâtiment (maître d’ouvrage) fait appel à une entreprise sous-traitante pour des travaux. La sous‑traitante embauche un ouvrier étranger dépourvu d’autorisation de travail. Si la situation relève d’une méconnaissance de L.8254-1 (p. ex. le maître d’ouvrage n’a pas respecté l’obligation de vigilance prévue par le contrat), le maître d’ouvrage et la sous‑traitante sont solidairement responsables : ils peuvent être tenus de payer au salarié les salaires impayés, les indemnités de rupture applicables, les frais d’envoi des rémunérations vers le pays d’origine et l’amende administrative prévue par L.8253-1.

Points Clés à Retenir
  • Solidarité : la personne qui méconnaît L.8254-1 est tenue solidairement avec son cocontractant — le salarié ou l’administration peut poursuivre l’un ou l’autre, voire les deux ensemble.
  • Montants concernés : salaires et accessoires dus à l’étranger non autorisé à travailler ; indemnités de rupture (statutaires ou contractuelles si plus favorables au salarié).
  • Frais de renvoi des rémunérations : prise en charge des frais liés à l’envoi des rémunérations impayées vers le pays où l’étranger est parti ou a été reconduit.
  • Amende administrative : application de l’amende prévue à L.8253-1 en complément des sommes ci‑dessus.
  • Sans préjudice d’autres sanctions : l’application des articles L.8222-1 à L.8222-6 (sanctions complémentaires pour certaines infractions) n’est pas empêchée par cet article.
  • Conséquence pratique : vérification des titres de travail et vigilance contractuelle nécessaires — les donneurs d’ordre et cocontractants doivent prendre des précautions (clauses de contrôle, demandes de justificatifs, audits) pour limiter le risque de solidarité.

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