Code du Travail

Article R1235-13 : Explication et Exemple

Comprendre le droit du travail simplement.

Texte Officiel
"Si, dans son opposition, l'employeur prétend que le remboursement des indemnités de chômage a été ordonné dans un cas où cette mesure est exclue par la loi, le tribunal judiciaire renvoie l'affaire à la juridiction qui a statué aux fins d'une rétractation éventuelle du jugement sur ce point. La rétractation ne peut en aucun cas remettre en question la chose jugée entre l'employeur et le travailleur licencié, ni l'appréciation portée par la juridiction sur l'absence de cause réelle et sérieuse du licenciement. Le greffier du tribunal judiciaire transmet aussitôt le dossier de l'affaire à cette juridiction. Le greffier de la juridiction qui a statué convoque l'opérateur France Travail et l'employeur, selon le cas, devant le bureau de jugement du conseil de prud'hommes ou devant la chambre sociale de la cour d'appel, quinze jours au moins à l'avance, par lettre recommandée avec avis de réception. La juridiction qui a statué se prononce sur l'ensemble du litige résultant de l'opposition et est habilitée à liquider la somme due par l'employeur à l'opérateur France Travail. La décision prononcée sur la demande de rétractation est mentionnée sur la minute et sur les expéditions du jugement. L'auteur d'une demande dilatoire ou abusive de rétractation peut être condamné à une amende civile de 15 euros à 1 500 euros."

L'Explication Prémisse

En termes simples

Cet article organise la procédure lorsqu’un employeur, par son opposition à un jugement, soutient que la condamnation à rembourser des allocations chômage ne pouvait pas être prononcée parce que la loi l’exclut. Le tribunal judiciaire renvoie alors l’affaire à la juridiction qui a rendu le jugement initial pour qu’elle examine uniquement la demande de rétractation sur ce point précis. Cette rétractation ne peut pas remettre en cause le jugement entre l’employeur et le salarié ni la décision selon laquelle le licenciement était sans cause réelle et sérieuse. Le greffe transmet le dossier, l’opérateur France Travail et l’employeur sont convoqués au moins 15 jours à l’avance par LRAR, et la juridiction d’origine statue sur l’ensemble du litige et peut chiffrer la somme due à France Travail. Une demande de rétractation dilatoire ou abusive peut entraîner une amende civile (15 à 1 500 €).

Exemple Concret

Un salarié obtient devant le conseil de prud’hommes l’annulation partielle de son licenciement et des indemnités ; le jugement ordonne aussi à l’employeur de rembourser à France Travail les allocations perçues par le salarié. L’employeur fait opposition en arguant que, selon une règle de droit qui s’applique au cas présent, le remboursement des allocations ne peut pas être imposé. Le tribunal judiciaire saisit alors la juridiction qui a rendu le premier jugement pour qu’elle examine uniquement la possibilité de rétracter l’ordonnance de remboursement. France Travail et l’employeur sont convoqués. La juridiction d’origine confirme l’absence de cause réelle et sérieuse du licenciement (elle ne peut pas revenir sur ce point) mais, après examen, modifie le montant à rembourser à France Travail. Si l’employeur avait monté une demande manifestement dilatoire, il pourrait être condamné à une amende civile.

Points Clés à Retenir
  • L’objet limité de la rétractation : seul le point relatif au remboursement des indemnités de chômage peut être réexaminé si l’employeur soutient qu’il est exclu par la loi.
  • Renvoi à la juridiction d’origine : le tribunal judiciaire transmet le dossier à la juridiction qui a rendu le jugement pour qu’elle statue sur la demande de rétractation.
  • Protection de la chose jugée : la rétractation ne peut pas remettre en cause la décision entre l’employeur et le salarié ni l’appréciation sur l’absence de cause réelle et sérieuse du licenciement.
  • Convocation de France Travail : le greffier de la juridiction d’origine convoque l’opérateur France Travail et l’employeur au moins 15 jours avant l’audience, par lettre recommandée avec AR.
  • Compétence pour liquider : la juridiction qui a statué peut trancher l’ensemble du litige issu de l’opposition et liquider la somme due à France Travail.
  • Mention de la décision : la décision sur la demande de rétractation est inscrite sur la minute et les expéditions du jugement.
  • Sanctions contre les demandes abusives : une demande dilatoire ou abusive de rétractation peut entraîner une amende civile de 15 à 1 500 €.
  • Formalité de transmission : le greffier du tribunal judiciaire doit transmettre immédiatement le dossier à la juridiction qui a statué.
Besoin d'aide sur cet article ?

Vous avez un cas pratique ou une fiche d'arrêt à réaliser sur l'article R1235-13 ? L'IA Prémisse peut vous aider à rédiger votre devoir.

Disponible 24/7 • Méthodologie CRFPA