Code du Travail

Article R1235-2 : Explication et Exemple

Comprendre le droit du travail simplement.

Texte Officiel
"I.-Pour l'application de l'article L. 1235-4 , lorsque le jugement ordonnant d'office le remboursement par l'employeur fautif de tout ou partie des allocations de chômage est exécutoire, l'opérateur France Travail peut mettre en demeure cet employeur de rembourser tout ou partie des allocations de chômage. II.-Le directeur général de Pôle emploi adresse à l'employeur, par tout moyen donnant date certaine à sa réception, une mise en demeure qui comporte : 1° La dénomination et l'adresse de l'opérateur France Travail ; 2° La dénomination et l'adresse de l'employeur et, le cas échéant, de l'organe qui le représente légalement, mentionnées dans le jugement ordonnant d'office le remboursement par l'employeur fautif de tout ou partie des allocations de chômage ; 3° Le motif, la nature et le montant des sommes dont le remboursement a été ordonné ; 4° Les périodes couvertes par les versements donnant lieu à recouvrement ; 5° La copie du jugement ordonnant d'office le remboursement par l'employeur fautif de tout ou partie des allocations de chômage."

L'Explication Prémisse

En termes simples

Cet article explique comment Pôle emploi (l'opérateur France Travail) procède pour récupérer auprès d'un employeur les allocations chômage que la justice a ordonné à cet employeur de rembourser. Dès que le jugement qui impose le remboursement est exécutoire, le directeur général de Pôle emploi peut envoyer à l'employeur une mise en demeure par un moyen qui donne une date certaine (ex. lettre recommandée avec accusé de réception, acte d'huissier). La mise en demeure doit précisément indiquer l'identité et l'adresse de France Travail et de l'employeur (telles qu'elles figurent dans le jugement), le motif, la nature et le montant des sommes à rembourser, les périodes concernées et joindre une copie du jugement.

Exemple Concret

Exemple concret : une salariée obtient devant le conseil de prud'hommes la nullité de son licenciement ; le jugement constate qu'elle n'aurait pas dû percevoir certaines allocations chômage pendant la période de contestation et ordonne que l'employeur rembourse 6 000 € versés indûment à Pôle emploi pour la période janvier–mars 2024. Le jugement devient exécutoire. Le directeur général de Pôle emploi adresse alors à l'entreprise, par lettre recommandée avec accusé de réception (ou acte d'huissier), une mise en demeure reprenant le nom et l'adresse de l'opérateur France Travail, le nom et l'adresse de l'employeur tels qu'indiqués au jugement, le motif et la nature des sommes (allocations chômage indûment perçues), le montant de 6 000 € et les périodes concernées, et joint une copie du jugement. Si l'employeur ne paie pas après cette mise en demeure, Pôle emploi pourra engager le recouvrement forcé.

Points Clés à Retenir
  • Le point de départ : le jugement ordonnant le remboursement doit être exécutoire pour permettre l’intervention de France Travail/Pôle emploi.
  • L’opérateur France Travail (via le directeur général de Pôle emploi) peut mettre en demeure l’employeur fautif de rembourser tout ou partie des allocations de chômage ordonnées au titre du jugement.
  • La mise en demeure doit être envoyée par tout moyen donnant date certaine (ex. LRAR, acte d’huissier, remise avec signature), afin de constituer une preuve de réception datée.
  • Contenu obligatoire de la mise en demeure : identité et adresse de l’opérateur France Travail ; identité et adresse de l’employeur (et, le cas échéant, de son représentant légal) telles que figurant dans le jugement ; motif, nature et montant des sommes à rembourser ; périodes couvertes par les versements ; et copie du jugement.
  • Il est important que les coordonnées de l’employeur reprises dans la mise en demeure correspondent à celles figurant dans le jugement : une erreur peut rendre la mise en demeure contestable.
  • La mise en demeure est une étape préalable au recouvrement forcé : son envoi vise à donner une dernière chance de paiement volontaire avant l’exécution forcée.
  • Absence d’un élément exigé (par ex. copie du jugement ou montant précis) peut constituer un vice de procédure susceptible d’être soulevé par l’employeur.
  • Cet article organise une procédure administrative de recouvrement fondée sur une décision judiciaire : il lie l’action de Pôle emploi à l’existence d’un titre judiciaire exécutoire.
Besoin d'aide sur cet article ?

Vous avez un cas pratique ou une fiche d'arrêt à réaliser sur l'article R1235-2 ? L'IA Prémisse peut vous aider à rédiger votre devoir.

Disponible 24/7 • Méthodologie CRFPA