Code Civil

Article 220 : Explication et Exemple

Comprendre le droit simplement.

Texte Officiel
En vigueur
"Chacun des époux a pouvoir pour passer seul les contrats qui ont pour objet l'entretien du ménage ou l'éducation des enfants : toute dette ainsi contractée par l'un oblige l'autre solidairement. La solidarité n'a pas lieu, néanmoins, pour des dépenses manifestement excessives, eu égard au train de vie du ménage, à l'utilité ou à l'inutilité de l'opération, à la bonne ou mauvaise foi du tiers contractant. Elle n'a pas lieu non plus, s'ils n'ont été conclus du consentement des deux époux, pour les achats à tempérament ni pour les emprunts à moins que ces derniers ne portent sur des sommes modestes nécessaires aux besoins de la vie courante et que le montant cumulé de ces sommes, en cas de pluralité d'emprunts, ne soit pas manifestement excessif eu égard au train de vie du ménage."

L'Explication Prémisse

En termes simples

Chaque époux peut, seul, conclure des contrats nécessaires à l'entretien du foyer ou à l'éducation des enfants (courses, factures, frais scolaires, etc.). Quand l'un d'eux contracte ce type de dépense, l'autre est en principe tenu solidairement : le créancier peut demander le paiement à l'un ou à l'autre, ou aux deux. Cependant, cette solidarité n'est pas automatique : elle n'existe pas pour des dépenses manifestement excessives par rapport au train de vie du ménage, à l'utilité de l'achat ou si le créancier a agi de mauvaise foi. De plus, les achats à tempérament et les emprunts exigent normalement le consentement des deux époux pour entraîner la solidarité, sauf s'il s'agit de sommes modestes nécessaires à la vie courante et que, cumulées, elles ne deviennent pas manifestement excessives.

Exemple Concret

Marie achète seule une cuisinière neuve pour 800 € parce que l'ancienne est en panne — cet achat, utile au ménage, lie en principe son mari Paul, qui peut être poursuivi pour le paiement. En revanche, si Marie achète seule un téléviseur de luxe à 5 000 € hors de proportion avec le train de vie du couple, Paul pourra contester la solidarité en invoquant le caractère manifestement excessif de la dépense. Enfin, si Paul emprunte 100 € à un voisin pour acheter du pain et du lait sans le dire, ce petit prêt utile au quotidien pourra engager Marie, sauf si la somme cumulée de petits emprunts devient disproportionnée.

Points Clés à Retenir
  • Chaque époux peut seul passer des contrats pour l'entretien du foyer et l'éducation des enfants.
  • Les dettes ainsi contractées engagent les deux époux solidairement : le créancier peut demander le paiement à l'un ou à l'autre.
  • La solidarité ne vaut pas pour les dépenses manifestement excessives au regard du train de vie du ménage, de l'utilité de l'opération ou de la bonne foi du tiers.
  • Les achats à tempérament et les emprunts nécessitent normalement le consentement des deux époux pour entraîner la solidarité.
  • Exception pour les emprunts : des sommes modestes, nécessaires aux besoins de la vie courante, peuvent engager les deux époux même sans consentement, à condition que le total des emprunts ne devienne pas manifestement excessif.
  • La notion de « manifestement excessif » se juge au cas par cas en fonction du train de vie du couple et des circonstances.
  • Il est conseillé de conserver les preuves (contrats, factures) et de communiquer pour éviter des conflits et des dettes imprévues.

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