Code Civil

Article 727 : Explication et Exemple

Comprendre le droit simplement.

Texte Officiel
En vigueur
"Peuvent être déclarés indignes de succéder : 1° Celui qui est condamné, comme auteur ou complice, à une peine correctionnelle pour avoir volontairement donné ou tenté de donner la mort au défunt ; 2° Celui qui est condamné, comme auteur ou complice, à une peine correctionnelle pour avoir volontairement commis des violences ayant entraîné la mort du défunt sans intention de la donner ; 2° bis Celui qui est condamné, comme auteur ou complice, à une peine criminelle ou correctionnelle pour avoir commis des tortures et actes de barbarie, des violences volontaires, un viol ou une agression sexuelle envers le défunt ; 3° Celui qui est condamné pour témoignage mensonger porté contre le défunt dans une procédure criminelle ; 4° Celui qui est condamné pour s'être volontairement abstenu d'empêcher soit un crime soit un délit contre l'intégrité corporelle du défunt d'où il est résulté la mort, alors qu'il pouvait le faire sans risque pour lui ou pour les tiers ; 5° Celui qui est condamné pour dénonciation calomnieuse contre le défunt lorsque, pour les faits dénoncés, une peine criminelle était encourue. Peuvent également être déclarés indignes de succéder ceux qui ont commis les actes mentionnés aux 1° et 2° et à l'égard desquels, en raison de leur décès, l'action publique n'a pas pu être exercée ou s'est éteinte."

L'Explication Prémisse

En termes simples

L'article 727 prévoit que certaines personnes peuvent être déclarées « indignes » de recevoir une succession quand elles ont commis des faits graves contre la personne décédée. Concrètement, si quelqu'un a été condamné (auteur ou complice) pour des actes comme le meurtre, des violences ayant causé la mort, des tortures, un viol, un témoignage mensonger contre le défunt, une dénonciation calomnieuse ou l'omission volontaire d'empêcher un crime/délit entraînant la mort alors qu'il pouvait l'empêcher sans danger, il peut être privé du droit d'hériter. L'article vise aussi les auteurs des mêmes actes lorsque, du fait de leur propre décès, l'action publique n'a pas pu être engagée ou s'est éteinte : leurs héritiers ne peuvent pas profiter de la succession de la victime.

Exemple Concret

Imaginons qu'une fille empoisonne son père et soit ensuite condamnée pour meurtre. Lors de l'ouverture de la succession du père, le juge peut la déclarer indigne de succéder : elle perdra ses droits à hériter. De même, si une personne a assisté à des violences qui ont tué le défunt et a été condamnée pour ne pas avoir empêché l'acte alors qu'elle pouvait le faire sans danger, elle pourra aussi être exclue de la succession.

Points Clés à Retenir
  • Principe : la déclaration d'indignité prive la personne condamnée du droit d'hériter du défunt.
  • Faits visés : meurtre ou tentative de meurtre, violences entraînant la mort, tortures et actes de barbarie, viol ou agression sexuelle, témoignage mensonger contre le défunt, non-assistance volontaire à personne en péril ayant entraîné la mort, dénonciation calomnieuse (pour des faits punissables pénalement).
  • Condition de condamnation : la plupart des cas exigent une condamnation pénale (comme auteur ou complice) — mention explicite des peines correctionnelles ou criminelles selon les infractions.
  • Omission punissable : l'indignité peut aussi être retenue pour s'être volontairement abstenu d'empêcher un crime ou délit entraînant la mort quand l'intervention était possible sans risque.
  • Effet rétroactif sur la succession : la personne déclarée indigne est écartée de l'ordre successoral ; ses parts sont distribuées comme si elle n'existait pas pour la succession concernée.
  • Cas des auteurs décédés : même si l'auteur des faits est mort et que l'action publique n'a pas pu être exercée ou s'est éteinte, les auteurs peuvent être déclarés indignes (pour empêcher que leurs héritiers profitent de la succession).
  • Application formelle : l'indignité est constatée par une décision civile prise dans le cadre de la succession (sur demande des héritiers, du ministère public ou d'autres intéressés).
  • Portée limitée : l'article vise des comportements très graves et ne s'applique pas aux simples disputes familiales ou à des fautes non pénalement condamnées.
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