Code Civil

Article 887 : Explication et Exemple

Comprendre le droit simplement.

Texte Officiel
En vigueur
"Le partage peut être annulé pour cause de violence ou de dol. Il peut aussi être annulé pour cause d'erreur, si celle-ci a porté sur l'existence ou la quotité des droits des copartageants ou sur la propriété des biens compris dans la masse partageable. S'il apparaît que les conséquences de la violence, du dol ou de l'erreur peuvent être réparées autrement que par l'annulation du partage, le tribunal peut, à la demande de l'une des parties, ordonner un partage complémentaire ou rectificatif."

L'Explication Prémisse

En termes simples

Cet article dit que lorsqu'un partage (par exemple le partage d'une succession ou d'un bien commun) a été obtenu par violence, par dol (manœuvres frauduleuses) ou à la suite d'une erreur importante, il peut être annulé. L'erreur doit porter sur l'existence ou la quotité (la part) des droits des co‑partageants ou sur la propriété des biens compris dans la masse à partager. Mais si les conséquences de la violence, du dol ou de l'erreur peuvent être réparées sans tout annuler, le juge, à la demande d'une des parties, peut ordonner un partage complémentaire ou rectificatif pour corriger le partage initial plutôt que l'annuler complètement.

Exemple Concret

Trois frères partagent la maison familiale: l'un d'eux fait signer les autres sous la pression et cache qu'une partie du terrain appartient en réalité à un tiers. Si les deux autres découvrent la fraude, ils peuvent demander l'annulation du partage pour dol et erreur. Si le juge estime qu'il suffit de corriger la répartition (par exemple en attribuant à l'un une autre somme compensatoire ou en réintégrant la parcelle mal prise en compte), il peut ordonner un partage rectificatif plutôt que d'annuler tout l'acte et de recommencer depuis zéro.

Points Clés à Retenir
  • Motifs d'annulation : violence (contrainte), dol (manœuvres frauduleuses) et erreur.
  • Limitation de l'erreur : elle doit porter sur l'existence des droits, la quotité (la part) des droits des copartageants ou sur la propriété des biens compris dans la masse partageable.
  • Conséquence possible : annulation du partage si l'un de ces vices est établi.
  • Alternative à l'annulation : le tribunal peut ordonner, à la demande d'une partie, un partage complémentaire ou rectificatif si cela suffit à réparer les conséquences du vice.
  • Mesure discrétionnaire : le juge apprécie si la réparation peut se faire autrement que par annulation.
  • Demande d'une partie : c'est à l'une des personnes intéressées d'en demander l'annulation ou la rectification.
  • Application : concerne les partages entre copropriétaires ou héritiers (les situations de partage de masse partageable).
  • But : rétablir l'équité entre les copartageants sans forcément remettre en cause l'intégralité du partage initial.
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