Code Civil

Article 900-6 : Explication et Exemple

Comprendre le droit simplement.

Texte Officiel
En vigueur
"La tierce opposition à l'encontre du jugement faisant droit à la demande en révision n'est recevable qu'en cas de fraude imputable au donataire ou légataire. La rétractation ou la réformation du jugement attaqué n'ouvre droit à aucune action contre le tiers acquéreur de bonne foi."

L'Explication Prémisse

En termes simples

Cet article dit que si un jugement annule ou modifie une donation ou un legs à la suite d’une procédure de révision, une personne tierce ne peut s’opposer à ce jugement (par la « tierce opposition ») que si la fraude est imputable au bénéficiaire (le donataire ou le légataire). Autrement dit, on ne peut pas contester librement ce jugement lorsque le tiers a acquis le bien de bonne foi : même si le jugement attaqué est ensuite rétracté ou réformé, cela ne crée pas de recours contre l’acquéreur de bonne foi. Cette règle protège la sécurité des transactions et limite les actions aux auteurs du comportement frauduleux.

Exemple Concret

Monsieur Dupont lègue sa maison à Madame Martin. Le fils de Monsieur Dupont, Paul, demande la révision du legs en alléguant que Madame Martin a obtenu le legs par des manœuvres frauduleuses. Le tribunal donne raison à Paul et annule le legs. Entre-temps, Madame Martin avait vendu la maison à Monsieur Bernard, qui a acheté en toute bonne foi. Si quelqu’un veut former une tierce opposition contre le jugement, il ne peut le faire que si la fraude est bien imputable à Madame Martin ; et si le jugement est ensuite rétracté ou modifié, Paul ne pourra pas agir contre Monsieur Bernard s’il a acheté de bonne foi.

Points Clés à Retenir
  • La tierce opposition est un recours d’une personne qui n’était pas partie au procès et qui est affectée par le jugement.
  • Ce recours n’est recevable qu’en cas de fraude imputable au donataire ou au légataire (il faut pouvoir démontrer la fraude de celui qui a reçu le bien).
  • La protection vise les acquéreurs de bonne foi : si un tiers a acheté le bien en toute bonne foi, il ne peut être poursuivi du seul fait de la rétractation ou de la réformation du jugement initial.
  • La rétractation ou la réformation du jugement attaqué n’ouvre pas de droit d’action contre le tiers acquéreur de bonne foi.
  • Les actions restent possibles contre le donataire ou le légataire auteur de la fraude (ou contre un acquéreur de mauvaise foi).
  • But pratique : sécuriser les transactions et éviter que des jugements ultérieurs ne remettent en cause la situation des tiers de bonne foi.
  • La preuve de la fraude et la bonne foi de l’acquéreur sont des éléments cruciaux en cas de litige.
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