Code Civil

Article 900-8 : Explication et Exemple

Comprendre le droit simplement.

Texte Officiel
En vigueur
"Est réputée non écrite toute clause par laquelle le disposant prive de la libéralité celui qui mettrait en cause la validité d'une clause d'inaliénabilité ou demanderait l'autorisation d'aliéner."

L'Explication Prémisse

En termes simples

Cet article interdit au testateur (ou autre disposant) de punir financièrement quelqu’un qui contesterait la validité d’une clause d’inaliénabilité ou qui demanderait au juge l’autorisation de vendre (aliéner) le bien. Autrement dit, une clause du legs ou de la donation qui ferait perdre la libéralité (le don, le legs) à la personne qui mettrait en cause cette clause d’inaliénabilité ou qui solliciterait l’autorisation d’aliéner est considérée comme n’ayant jamais existé : elle est « non écrite ». Le but est de garantir le droit d’accès au juge et d’empêcher que l’on oblige les héritiers ou légataires à accepter une restriction sans pouvoir la contester ou demander une dérogation.

Exemple Concret

Un parent lègue sa maison à un enfant en la rendant inaliénable (interdiction de la vendre). Il ajoute ensuite une phrase disant : « Si tu contestes l’inaliénabilité ou demandes au juge la permission de vendre, tu perdras ton héritage. » Si l’enfant, pour régler des dettes, saisit le juge pour obtenir l’autorisation de vendre ou conteste la clause d’inaliénabilité, la menace de perte du legs ne produit aucun effet : la clause qui veut le punir est réputée non écrite, l’enfant conserve donc le droit de contester ou de demander l’autorisation sans être privé du legs pour cette seule raison.

Points Clés à Retenir
  • Objet : protège la liberté d’agir (contester la clause ou solliciter l’autorisation d’aliéner) sans crainte de perdre la libéralité.
  • Effet juridique : la clause punissant l’exercice de ces droits est « réputée non écrite » — elle est écartée, comme si elle n’existait pas.
  • Champ d’application : vise toute clause insérée par le disposant (testament, donation, etc.) qui prive de la libéralité la personne qui mettrait en cause l’inaliénabilité ou demanderait l’autorisation d’aliéner.
  • But public : garantir l’accès au juge et empêcher le disposant de contraindre indûment le bénéficiaire à accepter une restriction de propriété.
  • Limites : l’article n’invalide pas la clause d’inaliénabilité elle‑même ; il n’empêche pas le disposant d’établir une inaliénabilité, seulement d’ajouter une sanction privative de libéralité contre ceux qui la contesteraient.
  • Conséquence pratique : un bénéficiaire peut contester la validité d’une clause d’inaliénabilité ou demander l’autorisation de vendre sans risquer d’être automatiquement dessaisi du legs pour avoir exercé ces recours.

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