Code du Travail

Article L1242-5 : Explication et Exemple

Comprendre le droit du travail simplement.

Texte Officiel
"Dans les six mois suivant un licenciement pour motif économique, il est interdit de conclure un contrat de travail à durée déterminée au titre d'un accroissement temporaire de l'activité, y compris pour l'exécution d'une tâche occasionnelle, précisément définie et non durable, ne relevant pas de l'activité normale de l'entreprise. Cette interdiction porte sur les postes concernés par le licenciement dans l'établissement. L'interdiction ne s'applique pas : 1° Lorsque la durée du contrat de travail n'est pas susceptible de renouvellement et n'excède pas trois mois ; 2° Lorsque le contrat est lié à la survenance dans l'entreprise, qu'il s'agisse de celle de l'entrepreneur principal ou de celle d'un sous-traitant, d'une commande exceptionnelle à l'exportation dont l'importance nécessite la mise en oeuvre de moyens quantitativement ou qualitativement exorbitants de ceux que l'entreprise utilise ordinairement. Cette possibilité de recrutement est subordonnée à l'information et à la consultation préalables du comité social et économique, s'il existe. Les dérogations prévues aux 1° et 2° n'exonèrent pas l'employeur de respecter la priorité de réembauche prévue à l'article L. 1233-45 ."

L'Explication Prémisse

En termes simples

Après un licenciement pour motif économique, l'employeur ne peut pas, pendant six mois, remplacer les postes supprimés par des CDD conclus au titre d'un accroissement temporaire d'activité (même pour une tâche occasionnelle qui n'est pas dans l'activité normale). Cette règle vise à empêcher de contourner les licenciements économiques en reprenant immédiatement les mêmes fonctions sous CDD. L'interdiction porte sur les postes visés par le licenciement dans le même établissement. Il existe toutefois deux dérogations limitées : un CDD non renouvelable d'au plus trois mois, et un CDD lié à une commande exceptionnelle à l'export nécessitant des moyens exceptionnellement supérieurs aux moyens habituels (sous réserve d'information/consultation du CSE). Dans tous les cas, l'employeur doit respecter la priorité de réembauche des salariés licenciés.

Exemple Concret

Usine A supprime, pour motif économique, trois postes d'opérateur de ligne le 1er mars. Pendant les six mois suivants (jusqu'au 31 août), l'employeur ne peut pas conclure de CDD pour pourvoir ces mêmes postes au titre d'un accroissement temporaire de l'activité. Si l'entreprise a un besoin ponctuel de 2 mois pour un pic de production, elle peut néanmoins embaucher un CDD de 2 mois non renouvelable (exception des ≤ 3 mois). En revanche, elle ne peut pas signer un CDD de 4 mois pour remplacer ces opérateurs — ce serait interdit. Si l'entreprise obtient une commande export d'une ampleur vraiment exceptionnelle et justifiant des moyens nettement supérieurs à l'ordinaire, elle pourra recruter par CDD même au-delà de 3 mois, mais seulement après avoir informé et consulté le CSE, et en respectant toujours la priorité de réembauche des salariés licenciés.

Points Clés à Retenir
  • Interdiction générale : pendant 6 mois après un licenciement économique, pas de CDD pour accroissement temporaire visant les postes supprimés dans le même établissement.
  • Champ : couvre aussi les tâches occasionnelles « précisément définies et non durables » qui ne relèvent pas de l'activité normale.
  • Exception 1 : CDD non susceptible de renouvellement et d'une durée maximale de 3 mois (strictement ≤ 3 mois).
  • Exception 2 : CDD lié à une commande exceptionnelle à l'export nécessitant des moyens quantitativement ou qualitativement exorbitants ; applicable aussi si la commande concerne l'entrepreneur principal ou un sous-traitant.
  • Condition pour l'exception export : information et consultation préalable du comité social et économique (CSE), s'il existe.
  • La priorité de réembauche (art. L. 1233-45) doit être respectée même lorsqu'une dérogation permet le recrutement en CDD.
  • Portée locale : l'interdiction vise les postes dans l'établissement où les licenciements ont eu lieu.
  • Risques pour l'employeur : devoir démontrer que l'une des dérogations s'applique en cas de contrôle ou de contestation ; le non-respect peut entraîner des contestations judiciaires et des conséquences pour la validité du recrutement.
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