Code du Travail

Article L3162-1 : Explication et Exemple

Comprendre le droit du travail simplement.

Texte Officiel
"Les jeunes travailleurs ne peuvent être employés à un travail effectif excédant huit heures par jour et trente-cinq heures par semaine. Par dérogation au premier alinéa, pour certaines activités déterminées par décret en Conseil d'Etat, lorsque l'organisation collective du travail le justifie, il peut être dérogé : 1° A la durée hebdomadaire de travail effectif de trente-cinq heures, dans la limite de cinq heures par semaine ; 2° A la durée quotidienne de travail effectif de huit heures, dans la limite de deux heures par jour. Lorsqu'il est fait application des dépassements prévus aux 1° et 2° : a) Des périodes de repos d'une durée au moins équivalente au nombre d'heures accomplies au-delà de la durée quotidienne de huit heures sont attribuées ; b) Les heures supplémentaires éventuelles, ainsi que leurs majorations, donnent lieu à un repos compensateur équivalent. Pour les autres activités et à titre exceptionnel, des dérogations aux durées maximales hebdomadaire et quotidienne de travail effectif fixées au premier alinéa peuvent être accordées dans la limite de cinq heures par semaine par l'inspecteur du travail après avis conforme du médecin du travail ou du médecin chargé du suivi médical de l'élève. La durée du travail des intéressés ne peut en aucun cas être supérieure à la durée quotidienne ou hebdomadaire normale du travail des adultes employés dans l'établissement."

L'Explication Prémisse

En termes simples

Les jeunes travailleurs (généralement les mineurs) ne peuvent travailler plus de 8 heures par jour et 35 heures par semaine. Des dérogations strictes existent pour certaines activités définies par décret ou, à titre exceptionnel, accordées par l’inspecteur du travail après avis médical : la durée hebdomadaire peut alors dépasser 35 heures de 5 heures maximum (soit jusqu’à 40 h) et la durée quotidienne dépasser 8 heures de 2 heures maximum (soit jusqu’à 10 h). Quand ces dépassements sont utilisés, l’employeur doit compenser par des périodes de repos équivalentes aux heures supplémentaires et les heures au‑delà de la durée normale donnent lieu à un repos compensateur équivalent (même si elles sont majorées). Enfin, en aucun cas un jeune ne peut travailler plus que la durée normale applicable aux adultes de l’établissement.

Exemple Concret

Exemple concret : en restauration saisonnière (activité visée par décret), Julie, apprentie de 17 ans, travaille pendant une semaine de forte activité 10 heures par jour pendant 4 jours (soit 40 heures cette semaine). Ces durées sont permises parce que l’activité est dérogatoire et que l’organisation collective le justifie. L’employeur doit lui octroyer des périodes de repos équivalentes aux 2 heures dépassant la journée de 8 heures (par exemple 2 heures de repos récupérées après la période intense) et les heures au‑delà de 35 heures donnent lieu à un repos compensateur équivalent (ou à la compensation prévue), en plus des majorations éventuelles. Si une activité n’est pas couverte par décret, l’employeur doit obtenir l’accord de l’inspecteur du travail après avis conforme du médecin du travail pour augmenter la semaine de travail jusqu’à +5 heures.

Points Clés à Retenir
  • Durée maximale normale : 8 heures par jour et 35 heures par semaine pour les jeunes travailleurs.
  • Dérogations possibles pour activités listées par décret : +5 h/semaine (jusqu’à 40 h) et +2 h/jour (jusqu’à 10 h), si l’organisation collective le justifie.
  • Obligation de compenser : des périodes de repos d’une durée au moins équivalente aux heures dépassant 8 h/jour doivent être attribuées.
  • Heures au‑delà de 35 h et leurs majorations donnent lieu à un repos compensateur équivalent.
  • Pour les activités non visées par décret, dérogation exceptionnelle possible (jusqu’à +5 h/semaine) uniquement par l’inspecteur du travail après avis conforme du médecin du travail.
  • En toute hypothèse, la durée de travail des jeunes ne peut jamais dépasser la durée quotidienne ou hebdomadaire normale des adultes employés dans l’établissement.
  • La dérogation quotidienne et hebdomadaire est encadrée (décret ou décision de l’inspection) et justifiée par l’organisation collective du travail.
  • Vérifier la sécurité et la santé : l’avis du médecin du travail est requis pour les dérogations exceptionnelles, et l’employeur reste tenu à la protection particulière des jeunes (horaires adaptés, repos nécessaires).
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