L'Explication Prémisse
Cet article permet aux ateliers et chantiers d’insertion (ACI), quel que soit leur statut, d’embaucher des personnes sans emploi rencontrant des difficultés sociales et professionnelles sur des CDD spécifiques. Ces contrats doivent durer au moins 4 mois (sauf aménagement de peine), peuvent être renouvelés jusqu’à 24 mois et, de façon dérogatoire, prolongés pour finir une formation en cours. Des conventions peuvent prévoir des périodes de mise en situation en milieu professionnel chez d’autres employeurs. La durée hebdomadaire est en principe au moins de 20 heures (avec exceptions pour difficultés particulières ou cumul de contrats), les périodes travaillées ouvrent des trimestres de retraite, et le contrat peut être suspendu à la demande du salarié pour une mise en situation ou une période d’essai liée à une offre d’embauche ; en cas d’embauche à l’issue de cette période, le contrat d’insertion prend fin sans préavis. Enfin, le salarié peut rompre le CDD pour suivre une formation qualifiante.
Exemple concret : L’ACI « Réinser’Action » recrute Paul, demandeur d’emploi, en CDD d’insertion de 6 mois à 24 heures/semaine pour un chantier de restauration de mobilier. La convention passée avec l’opérateur de l’emploi prévoit une mise en situation de 2 semaines chez un artisan ébéniste partenaire pour développer ses compétences. Au terme des 6 mois, le contrat est renouvelé une première fois (durée totale 12 mois). Paul suit parallèlement une formation qualifiante de 8 mois ; la direction accepte, via une dérogation, de prolonger le CDD jusqu’à la fin de la formation. Pendant son contrat, Paul peut suspendre celui‑ci pour effectuer, avec l’accord de l’ACI, une période d’essai chez un employeur qui lui propose un CDI : si l’embauche a lieu, le CDD d’insertion est rompu sans préavis.
- Bénéficiaires : personnes sans emploi avec difficultés sociales/professionnelles, recrutées par des ACI.
- Type de contrat : CDD conclu selon l’article L.1242-3.
- Durée minimale : 4 mois (sauf personnes condamnées bénéficiant d’un aménagement de peine).
- Renouvellements : possibles jusqu’à une durée totale de 24 mois.
- Prolongation dérogatoire : possible pour finir une action de formation (durée limitée à la durée de la formation).
- Prolongation exceptionnelle : au-delà du maximum après examen (par le prescripteur ou l’ACI) pour personnes ≥50 ans, personnes reconnues travailleurs handicapés, ou personnes avec difficultés particulièrement importantes ; décisions successives d’un an maximum, dans la limite de 60 mois.
- Mise en situation : une ou plusieurs périodes en milieu professionnel peuvent être prévues par convention (article L.5135-4).
- Durée du travail : en principe ≥ 20 heures/semaine ; exceptions possibles pour tenir compte de difficultés ou en cas de cumul avec un autre contrat pour atteindre une durée globale ; la durée peut varier pendant le contrat sans dépasser la durée légale hebdomadaire.
- Cotisations retraite : les périodes travaillées permettent de valider des trimestres d’assurance vieillesse (article L.351-2 CSS).
- Suspension du contrat : à la demande du salarié pour effectuer une mise en situation/une action d’insertion, ou une période d’essai liée à une offre d’emploi (CDD ≥ 6 mois ou CDI).
- Rupture sans préavis : si embauche à l’issue de la mise en situation, action d’insertion ou période d’essai, le contrat est rompu sans préavis.
- Rupture anticipée par le salarié : possible, par dérogation, pour suivre une formation conduisant à une qualification (article L.6314-1).
- Décrets : un décret précise les conditions de la dérogation relative à la durée hebdomadaire minimale.