Code Civil

Article 1123 : Explication et Exemple

Comprendre le droit simplement.

Texte Officiel
En vigueur
"Le pacte de préférence est le contrat par lequel une partie s'engage à proposer prioritairement à son bénéficiaire de traiter avec lui pour le cas où elle déciderait de contracter. Lorsqu'un contrat est conclu avec un tiers en violation d'un pacte de préférence, le bénéficiaire peut obtenir la réparation du préjudice subi. Lorsque le tiers connaissait l'existence du pacte et l'intention du bénéficiaire de s'en prévaloir, ce dernier peut également agir en nullité ou demander au juge de le substituer au tiers dans le contrat conclu. Le tiers peut demander par écrit au bénéficiaire de confirmer dans un délai qu'il fixe et qui doit être raisonnable, l'existence d'un pacte de préférence et s'il entend s'en prévaloir. L'écrit mentionne qu'à défaut de réponse dans ce délai, le bénéficiaire du pacte ne pourra plus solliciter sa substitution au contrat conclu avec le tiers ou la nullité du contrat."

L'Explication Prémisse

En termes simples

Le pacte de préférence est un engagement par lequel une personne promet de proposer en priorité à une autre (le bénéficiaire) de conclure un contrat si elle décide de vendre ou de conclure. Il n’oblige pas à conclure le contrat, seulement à offrir la possibilité au bénéficiaire avant de traiter avec un tiers. Si le propriétaire viole ce pacte en concluant directement avec un tiers, le bénéficiaire peut obtenir la réparation de son préjudice (des dommages-intérêts). Si, en plus, le tiers savait qu’il existait un pacte et que le bénéficiaire comptait s’en prévaloir, le bénéficiaire peut demander l’annulation du contrat conclu avec le tiers ou demander au juge de le substituer au tiers (c’est‑à‑dire d’être mis à la place de ce tiers dans le contrat). Le tiers peut par écrit demander au bénéficiaire de confirmer rapidement l’existence du pacte et s’il entend s’en prévaloir : s’il ne répond pas dans le délai raisonnable fixé, il perd ensuite la possibilité de demander la nullité ou la substitution (mais pas nécessairement son droit à des dommages‑intérêts).

Exemple Concret

Marie loue un appartement et le propriétaire lui dit oralement qu’avant de vendre il lui proposera d’acheter en priorité. Sans l’avertir, le propriétaire vend à Julien. Marie peut réclamer des dommages‑intérêts pour la violation du pacte. Si Julien connaissait l’existence du pacte et que Marie avait clairement manifesté son intention d’acheter, Marie peut demander l’annulation de la vente ou demander au juge de la substituer à Julien pour acheter l’appartement. Julien peut toutefois lui envoyer une lettre lui demandant de confirmer dans, par exemple, 15 jours l’existence du pacte et si elle entend l’exercer ; si Marie ne répond pas dans ce délai, elle ne pourra plus, ensuite, demander la nullité de la vente ni la substitution dans le contrat.

Points Clés à Retenir
  • Définition : obligation de proposer prioritairement au bénéficiaire, pas d’obligation de conclure le contrat.
  • Effet pratique : le promettant doit d’abord offrir au bénéficiaire la possibilité de contracter avant de traiter avec un tiers.
  • Réparation : si le promettant conclut avec un tiers en violation du pacte, le bénéficiaire peut obtenir des dommages‑intérêts pour le préjudice subi.
  • Remèdes renforcés si le tiers savait : lorsque le tiers connaissait l’existence du pacte et l’intention du bénéficiaire, ce dernier peut demander soit la nullité du contrat, soit la substitution par décision du juge.
  • Mécanisme protecteur pour le tiers : le tiers peut exiger par écrit que le bénéficiaire confirme rapidement l’existence du pacte et s’il entend s’en prévaloir.
  • Conséquence du silence : à défaut de réponse dans le délai raisonnable fixé par le tiers, le bénéficiaire perd la possibilité de solliciter la nullité ou la substitution.
  • Preuve et sécurité : il est fortement conseillé de rédiger le pacte de préférence par écrit pour faciliter la preuve de son existence et de son contenu.
  • Importance de la connaissance : la possibilité d’obtenir la nullité ou la substitution dépend de la connaissance du tiers au moment de la conclusion du contrat avec lui.
  • Recours judiciaire : la substitution n’est pas automatique — elle relève d’une décision du juge et impose des conditions strictes.
  • Champ d’application temporel : le pacte vaut pour le cas où le promettant décide de contracter ultérieurement ; il ne crée pas d’obligation positive de conclure.
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