Code Civil

Article 1231-6 : Explication et Exemple

Comprendre le droit simplement.

Texte Officiel
En vigueur
"Les dommages et intérêts dus à raison du retard dans le paiement d'une obligation de somme d'argent consistent dans l'intérêt au taux légal, à compter de la mise en demeure. Ces dommages et intérêts sont dus sans que le créancier soit tenu de justifier d'aucune perte. Le créancier auquel son débiteur en retard a causé, par sa mauvaise foi, un préjudice indépendant de ce retard, peut obtenir des dommages et intérêts distincts de l'intérêt moratoire."

L'Explication Prémisse

En termes simples

Cet article dit que si quelqu’un paie en retard une somme d’argent, il doit des intérêts calculés au « taux légal » à partir du moment où le créancier lui a fait une mise en demeure (une demande formelle de paiement). Le créancier n’a pas à prouver qu’il a subi un préjudice pour obtenir ces intérêts : ils sont dus automatiquement comme réparation du retard. En revanche, si le débiteur a agi de mauvaise foi et que cette mauvaise foi a causé un préjudice différent et indépendant du simple retard, le créancier peut demander en plus des sommes complémentaires pour réparer ce préjudice.

Exemple Concret

Vous vendez un meuble à un voisin à 1 000 €. Le voisin tarde à payer. Vous lui envoyez une mise en demeure (lettre demandant formellement le paiement). Tant qu’il ne paie pas, il vous doit des intérêts au taux légal sur les 1 000 € à partir de la date de la mise en demeure. Vous n’avez pas à prouver que ce retard vous a fait perdre de l’argent pour obtenir ces intérêts. Mais si le voisin a sciemment caché qu’il n’avait pas l’intention de payer et, du fait de ses mensonges, vous avez dû refuser une autre vente qui vous aurait rapporté 1 200 €, vous pouvez alors demander, en plus des intérêts, des dommages et intérêts pour ce préjudice particulier causé par sa mauvaise foi.

Points Clés à Retenir
  • Les intérêts moratoires sont calculés au taux légal.
  • Ils courent à compter de la mise en demeure adressée au débiteur.
  • Le créancier n’a pas à prouver une perte pour obtenir ces intérêts : ils sont dus automatiquement pour compenser le retard.
  • La mise en demeure est la condition temporelle déclenchante : sans elle, les intérêts ne courent pas à partir de cette date (sauf disposition contraire).
  • Si le débiteur a commis une faute de mauvaise foi et que cette faute a causé un préjudice distinct du simple retard, le créancier peut demander des dommages et intérêts supplémentaires.
  • Pour obtenir ces dommages distincts, il faut prouver la mauvaise foi du débiteur et l’existence d’un préjudice indépendant de l’intérêt moratoire.
  • L’intérêt moratoire n’est pas punitif : il compense le retard ; les dommages supplémentaires visent à réparer un préjudice particulier causé par la mauvaise foi.
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