Code Civil

Article 1882 : Explication et Exemple

Comprendre le droit simplement.

Texte Officiel
En vigueur
"Si la chose prêtée périt par cas fortuit dont l'emprunteur aurait pu la garantir en employant la sienne propre, ou si, ne pouvant conserver que l'une des deux, il a préféré la sienne, il est tenu de la perte de l'autre."

L'Explication Prémisse

En termes simples

Cet article dit que si une chose prêtée est détruite par un événement imprévisible (un « cas fortuit »), mais que l'emprunteur aurait pu l'empêcher en utilisant à la place sa propre chose, alors il doit réparer la perte. Autrement dit, même si la destruction est due à un événement extérieur, l'emprunteur est responsable si, par négligence ou préférence, il a choisi de sauver son bien plutôt que celui qu'on lui avait prêté.

Exemple Concret

Marie emprunte le parapluie de son voisin pour aller au travail. Une averse soudaine éclate; elle a aussi son propre parapluie dans son sac. Elle prend son parapluie et laisse celui emprunté dehors, qui est abîmé par le vent et la pluie. Comme elle pouvait sauver le parapluie prêté en prenant le sien, elle doit rembourser ou remplacer celui du voisin.

Points Clés à Retenir
  • Objet : concerne la perte d'une chose prêtée (contrat de prêt d'usage/commodat).
  • Condition 1 : la chose a péri par cas fortuit (événement imprévisible et extérieur).
  • Condition 2 : l'emprunteur aurait pu empêcher la perte en employant sa propre chose (ou en préférant la garder).
  • Alternative visée : si l'emprunteur ne peut conserver qu'une des deux choses et qu'il préfère la sienne, il est responsable de la perte de l'autre.
  • Conséquence : l'emprunteur doit réparer la perte (remplacement ou indemnisation).
  • Nature de la responsabilité : n'exige pas nécessairement une faute directe liée à l'événement, mais repose sur la possibilité de sauvegarder la chose prêtée (solution proche d'une responsabilité pour négligence/choix fautif).
  • Limites : pas de responsabilité si l'emprunteur ne pouvait raisonnablement pas préserver la chose prêtée (impossibilité objective) ou si la perte est due à un événement que l'emprunteur ne pouvait empêcher même en sacrifiant son propre bien.
  • Charge de la preuve : il appartient au prêteur de démontrer que l'emprunteur pouvait éviter la perte en utilisant sa propre chose ou qu'il a sciemment préféré la sienne.
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